Chili : de San Esteban à Arica

Je quitte la ville colorée de Valparaiso direction: Los Andes. Le bus me dépose dans le centre après un arrêt à Viña del mar et San Felipe. La route passe dans les montages, splendide. Moins splendide, ces lotissements que l’on croise parfois, taillés à l’américaine: des maisons identiques sont alignées parfaitement, comme dans Oggy et les cafards. Je marche un tout petit peu pour prendre la bonne ligne de bus qui me déposera à la sortie de San Esteban. Il n’y a pas d’arrêt de bus clairement délimité (ou je ne suis pas assez local pour le voir), du coup je lève la main quand j’estime qu’il est temps pour moi de descendre.

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Je poursuis à pied. Pour trouver la maison de mes amis (cachée entre les montagnes, au bord d’une rivière), j’ai quelques indices et surtout: des coordonnées géographiques. Il fait beau et sacrément chaud. Les pieds de vignes font deux mètres de haut! Une voiture s’arrête à ma hauteur et propose de me prendre en stop, je refuse poliment car je préfère finir à pied pour être sur de ne pas louper l’entrée de la propriété. Je trouve le portillon et je tourne les bons numéros sur le cadenas à code. Ça s’ouvre! Je suis au bon endroit, youpi! Je passe ensuite sur deux ponts puis un petit chemin de terre me mène jusqu’à la maison.

Je retrouve Marie-Ange (native du Chili), Patrick et Raphaël que je n’avais pas vu depuis très longtemps. [NDLR: se sont les parents et le petit frère de ma grande amie Gaby] Toujours un plaisir de retrouver des visages familiers, plusieurs mois après avoir quitté la France. Je passe ainsi une semaine en bonne compagnie, entre randonnées dans les montagnes, balades à vélo, promenades, musique, soirées en famille (et même piscine, le luxe!). Je désigne Raphaël comme mon coiffeur officiel du Chili et il réalise parfaitement un tout-court-sur-les-côtés-et-derrière. C’est que je commençais à avoir chaud sous cette touffe élaguée la dernière fois en Indonésie (pour 0,65€, je crois). Plus je coupe moins c’est cher.

J’ai aussi reçu un colis de la part de mes parents. Dedans? Pleins de gourmandises! On fête ainsi noël une deuxième fois. Il y a aussi un téléphone car le mien, qui est d’une autre génération, ne fonctionne plus depuis mon entrée au Japon. Une sombre histoire de différence de fréquences selon l’endroit où l’on se trouve sur le globe. J’ai très bien vécu ces deux mois sans GSM, mais je préférais en avoir un au cas où, notamment pour confirmer d’éventuels achats pouvant être importants sur internet. Je quitte finalement Los Andes le 14 Janvier, en compagnie de Marie-Ange qui doit rendre visite à ses amies d’enfance. Nous prenons la même direction: La Serena.

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On prend le bus de nuit où l’on dort comme on peut. Nena, une amie d’enfance de Marie-Ange, nous récupère au terminal de bus et nous emmène chez elle. On rencontre ses deux filles (Cristina et Sara), qui ont à peu près mon âge, et Pascale, le chien de garde. La journée est un enchaînement de visites des lieux qui ont marqué l’enfance de Marie-Ange. Tout ça est bien fort en émotions. En fin d’après-midi je file m’installer à l’auberge que j’avais réservé. Je passe la soirée avec Cristina et Sara, on va à une fête foraine et ensuite on retourne chez elles où Nena et Marie-Ange ont été rejointes par toutes leurs autres copines de jeunesse. Même si mon espagnol limite la compréhension de tout ce qui est dit, l’ambiance est fort joyeuse!

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Je passe les autres journées avec les sœurs qui sont en vacances, entre plage, discothèque, remise de diplôme (de Kiné) pour Sara, restaurant, festival de musique dans le centre de La Serena… J’en profite aussi pour quelques promenades solitaires, je visite notamment le jardin Japonais. Je dis au revoir à Marie-Ange qui retourne vers Los Andes. Le dernier soir: once (kezako?) en famille. Et le lendemain midi avant mon départ: almuerzo (déjeuner). Avec mama Nena et les filles, on va au port de pêche prendre du poisson. Nena le fait frire et c’est un pur régal! Ensuite on file tous les quatre au terminal de bus tout en faisant les zouaves dans la voiture. On se connait depuis si peu de temps et j’ai été accueilli comme un membre de la famille. Je reviendrai car je n’ai pas eu le temps de rencontrer le frère. Et puis pour revoir tout le monde surtout. Je les porte fort fort dans mon cœur. Ultimes embrassades et je monte dans le bus, route vers le nord!

Départ de la Serena à 15h50, arrivée à San Pedro de Atacama le lendemain à 8h30. Oui, le Chili, c’est long, très long. MAIS! Ça en vaut souvent la peine. Et le paysage dans lequel j’arrive ce matin là me le confirme une fois de plus. C’est sec et aride, je me crois dans la far west de l’époque des cow-boys. Ah oui, c’est le désert d’Atacama! 20 Janvier 2016. Je rejoins mon auberge « La Ruca », marchant dans les ruelles, en terre battue, de ce joli village perché sur un plateau à 2400 mètres d’altitude. Comme il est tôt , je dois attendre un peu pour m’enregistrer à la réception. Après m’être installé, je retourne dans le bourg. Les commerçants arrosent la rue. Qu’est-ce qu’ils essaient bien donc là de faire pousser?! Nada! C’est simplement pour « coller » la poussière au sol et éviter qu’elle ne s’envole à l’intérieur des boutiques. J’aime bien le coté village de San Pedro (env. 5000 habitants), il n’y a aucuns grands supermarchés, seulement des petites alimentations. L’après-midi, sur la place de l’église, je retrouve les copains de Pucón: Céline, David et Jonathan, trop bien! On file au restaurant et on papote. On a comme plan de louer un voiture pour deux jours afin d’aller voir les merveilles aux alentours. Les économies sont énormes en comparaison d’un tour organisé. On se pause ensuite dans leur camping, apéro, promenade nocturne.. Petit hic: je rentre tard le soir et l’auberge est fermée. Je n’ai pas la clé (il n’y en avait pas assez, rusé). J’escalade donc le mur (friable à souhait) et toc à la chambre de mon dortoir dont la porte donne sur la cour. Sauvé. La même scène se reproduira deux jours plus tard. Ninja un jour, ninja toujours.

Le lendemain on se met donc en quète du loueur de voiture. Fermé ! On en trouve un autre dans le bourg. On prends un 4×4 suffisamment spacieux pour nous caler nous et nos affaires. En route! Direction le sud: Laguna Miscanti et Salar de Talar (piedras rojas), l’ambiance est dingue, les paysages d’une autres planète.

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On revient sur nos pas, de nuit. On repasse par San Pedro, coucou, et prenons la route du nord. On se gare à l’entrée des Geysers del Tatio. Au petit matin il faudra payer notre entrée sur le site. Mais pour l’heure, c’est dodo time. Je plante ma tente à coté de la voiture car dormir à quatre dans une automobile c’est pas top confort. On se réveille de bonne heure et de bonne humeur malgré la courte nuit. Il fait toujours nuit d’ailleurs. En voiture Simone, allons aux geysers! Bon, ça pète pas de fou mais c’est sympa. Pour plus d’infos: Geysers del Tatio. La suite est bien plus savoureuse: on se baigne à 6h dans les sources d’eau chaude à 4280 mètres d’altitude, avec vue sur les montagnes. Puis la foule arrive, ciao. Promenade en altitude et on remonte dans notre carrosse.

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Retour à San Pedro. On se pause un peu la bas, les amis font une sieste tandis que je retourne à l’auberge pour grignoter les reste du petit-déjeuner. Je rejoins les copains, tout le monde à repris des forces pour aller au Salar d’Atacama. On trouve une laguna gratuite à visiter. C’est tout blanc! On se tartine de crème solaire pour éviter de griller sur place. Petite promenade pépouze puis on revient à proximité de San Pedro à la Valle de la Luna, où l’on en prend vraiment plein les mirettes. C’est juste oufdingue. J’aime ça!

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Retour définitif au village où l’on rend l’auto à l’équipe de location qui aura été bien sympathique et pro. Le lendemain je quitte l’auberge pour rejoindre Céline, David et John au camping. Ambiance franco-chilienne à souhait, entre pisco, melvin (du vin dans du melon), bières, vin et des rencontres formidables: Les soeurs Jiménez (Karen et Marianne), Vincent (qui aura fait tous les tours organisés possible à San Pedro, haha), Andres et Amanda (et bien d’autres). Les nuits étoilées dans ce désert sont magnifiques. Venir à San Pedro, c’est passer un moment hors du temps. C’est se déconnecter du monde puisqu’on est sur une autre planète. Il est, malgré tout, temps de revenir à la civilisation et nos chemins se séparent de nouveau. Ainsi le même jour, Céline redescend à Santiago pour refaire son passeport car on lui à volé le sien (ainsi que son sac) à Valparaiso. David et John prennent à l’est et continuent l’aventure en Bolivie. Pour ma part, je prends la direction du nord. Je vais à Arica, sur la côte, dernière ville chilienne avant le Pérou.

Le bus me dépose au terminal à 7 heures. Mon arrivée à l’hostal n’est attendue que pour midi, j’en profite pour observer le bal des allers et venues des locaux pour savoir comment me rendre au Pérou dans deux jours. Avec aux choix: bus ou taxi. Ensuite je passe le reste de la matinée sur la plage à observer les vagues et les gens. La ville (où très peu de touristes s’arrêtent) est prise en sandwich entre l’océan pacifique et de petites montagnes semblables à des dunes géantes. Je file toquer à la Résidencial Tres Soles où je vais passer mes deux dernières nuits au Chili. En fait il s’agit d’une chambre chez l’habitant. Une petite famille sympathique dont le padré parle parfaitement anglais. Je m’emploie à lui répondre en espagnol. Le lendemain je me promène aux alentours, la tête déjà au Pérou, à seulement dix kilomètres d’ici. Il fait chaud. La guest house est à seulement cent mètres du terminal routier.  Le jour j, j’opte finalement pour la solution de transport la plus simple et pas forcément onéreuse: le taxi. Dans l’auto, nous sommes six! Je suis à l’arrière, avec un couple sympathique de chiliens d’Iquique. A la douane, il faut scanner le sac… tout se passe bien. Retour dans le taxi, les paysages désertiques défilent et nous roulons vers Tacna. Au revoir Chili et merci pour tout. Pérou, j’arrive!

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Chili : de Pucón à Valparaíso

Mercredi 23 décembre 2015

Je quitte l’Argentine et retour au Chili! Une petite journée de bus, passant le matin par de magnifiques paysages de montagne où la neige est encore présente sur les bords de la route. Arrivée à Pucón en fin de journée. D’ici on voit le volcan Villarica, splendide et je verrai tout bientôt le lac du même nom et au bord duquel la ville a été bâtie. Mais first, je dois rejoindre l’auberge. « Hostal el refugio », un chalet de montagne plein de charme ! Je suis dans un des deux dortoirs à l’extérieur, sous un gros dôme pour six personnes, en mode expédition , c’est top! Je me fais des hamburgers maisons pour fêter mon retour au Chili ! Je rencontre aussi des français de l’auberge avec qui je vais partager mes prochaines journées. Il y a Céline d’Auvergne, David et Jonathan de Bordeaux, Valentin de Paris qui est en volontariat à l’auberge, et Chloé et Jules de Rennes qui nous quitteront juste après Noël.

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Pucón semble être la plus française des villes chilienne! S’y promener est agréable, les rues sont belles et il y a beaucoup de choses à faire. Il fait beau et il fait chaud. A l’auberge on rigole bien. On boit des bières et je peux enfin cuisiner! C’est le réveillon de noël, on mange tous ensemble et l’ambiance est bien chouette pour mon premier noël loin de ma famille. A la réception et à la gestion de l’hostal, il y a Wileke, une hollandaise, et Lili, elles sont adorables. Il y a aussi un chat et un chien. Le 25 décembre, on fait le grand repas de noël avec toute l’auberge, sur une grande table à l’extérieur. C’est parfait! Le 26 décembre, je pars avec Valentin en excursion pour voir une magnifique rivière. On rentre en stop et on file se baigner au lac. C’est vraiment bizarre de se baigner à cet époque de l’année, mais pas désagréable!

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Je quitte l’auberge le même jour que David et Jo’. Je les retrouverai normalement plus tard sur ma route, ainsi que Céline. Je prends le bus de nuit direction la capitale: Santiago! Pour l’anecdote, lorsque j’étais au Japon, je me suis fait pirater ma carte bancaire depuis cette ville! J’y arrive tôt le matin et marche longuement pour rejoindre l’hostal, excentré, où je passerai le nouvel an. Je toque de nombreuses fois à la porte. La patronne n’est pas là, c’est un backpacker taïwanais qui m’ouvre. Il voyage avec un ami, il y a aussi un brésilien et un couple d’allemands (qui partent). En tout cas c’est bien calme car tout le monde est à Valparaiso, sur la côte, où il y aura un gigantesque feu d’artifices. Je voulais y aller aussi mais tout était déjà complet ou hors de prix une semaine à l’avance.

Je rencontre finalement la patronne, très sympathique. Le jardin apporte un vrai plus à la petite auberge. D’ailleurs, en jetant un œil plus attentif à la végétation, on peut observer deux plants de cannabis. La cheffe m’en proposera, mais je ne suis pas le bon client. Je file faire des courses dans l’après-midi. Il fait chaud! Le lendemain je vais à pied à la gare routière pour prendre mes billets de bus pour aller à Valpo. Ce n’est pas la bonne gare, je me décide alors à tester le métro. Rien à signaler, à part un joli couple qui danse le tango dans la rame. Au retour, je descends dans le centre ville pour une petite visite. Je reste à l’hostal le soir du nouvel an, au calme avec un couple d’écossais. On joue aux cartes puis je me couche, seul dans mon dortoir quatre places pour la troisième nuit.

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Le 1 Janvier 2016, je rencontre Roxana, artiste nomade. Elle est née au Chili, a grandit en Argentine et a presque un pied-à-terre en Espagne. Mais elle ne reste jamais longtemps au même endroit. Roxana est peintre, sculptrice sur glace… et passe son temps autour du monde au gré d’expositions et de résidences artistiques: Espagne, Japon, Canada, Chine…

Le site web de Roxana

Elle a aussi vécu en France dans les Pyrénées à Font Romeu et parle un français impeccable! Le lendemain, jour du départ, on prend le métro ensemble et Roxana descend quelques stations avant moi. Ciaooooo ! Je prends ensuite le bus direction Valparaiso.

Hummm, l’air de la mer! Toujours dans l’esprit « tu as des jambes gros fainéant », je me dirige à pied jusqu’à l’auberge. Je tourne une bonne heure dans le bon quartier car j’ai pas pointé l’adresse au bon endroit sur mon gps. Je croise d’ailleurs deux anglais qui étaient dans le même hostal à Pucón, le monde est petit. Je trouve finalement mon nouveau chez-moi. C’est plutôt cool, simple comme j’aime. La ville est rock’n’roll et le street art présent partout, ce qui apporte un intérêt supplémentaire à la cité, taillé dans les collines. Dans ma chambre il y a trois argentines et deux américains. Ensemble, on visite le centre et on va dans un bistrot où l’ambiance est très chouette, à deux pas de l’auberge. Je fais aussi un peu d’exercice (et d’économie) en prenant les escaliers à la place des funiculaires (il y en a quinze et sont classés Monuments Historiques).

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Et déjà il faut repartir, pour Los Andes, où il faudra jouer à la carte au trésor pour trouver la famille de mon amie Gaby, qui vit dans les montagnes chilienne depuis quelques années. J’ai vraiment hâte de les voir!

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Céline, moi, Valentin, David et Jonathan, team Pucón!

CIAO!

Patagonie : Argentine

Sur le passeport: CHILE: [ENTRADA 03 DIC 15] [SALIDA 13 DIC 15], seulement dix jours au Chili, mais j’y retourne à la fin du mois, et pour un bon moment. Et pour de bons moments.

Je suis dans le bus direction El Calafate en Argentine. Cinq heures trente à côté du même anglais de Liverpool à l’accent super dur à capter, à côté de qui j’attendais le bus pour partir du parc Torres del Paine. On passe la frontière, tout le monde descend du bus, on fait la queue pour quitter le Chili, on remonte dans le bus. On fait un kilomètre, on redescend du bus et on fait la queue pour entrer en Argentine. On doit prendre nos bagages pour les aligner sur une estrade dans une grande salle. Puis un militaire passe avec un toutou qui renifle toutes les affaires à la recherche du moindre produit interdit. Le chien s’arrête au niveau d’un bagage. Le propriétaire du sac est invité à en déballer le contenu. Bingo, le criminel transportait une pomme. Il est interdit d’entrer en Patagonie argentine avec des fruits et légumes frais, des graines… Hop on remonte tous dans le bus (sauf la malheureuse pomme) et on poursuit notre route.

Il fait nuit lorsqu’on arrive à El Calafate. Je suis le gps pour rejoindre l’hostal par les petits chemins, en gardant toujours un oeil vigilant sur les chiens errants. Je m’enregistre à l’accueil et je rentre discrètement dans le dortoir où tout le monde dort déjà. Je les rejoins aussitôt dans les bras de Morphée. Je passe seulement deux nuits ici. El Calafate, il n’y a pas grand chose à y faire. C’est surtout le point de départ des excursions pour aller voir le glacier Perito Moreno. Un glacier vraiment énorme et impressionnant (cf image/vidéo de l’internet) mais je trouve que c’est bien bien cher pour y aller. Aussi, j’ai déjà vu d’autres glaciers en Islande et à la mer de Glace en France, je n’ai donc pas le regret de ne pas y aller. M’arrêter ici est surtout l’occasion de faire un peu de logistique pour la suite de l’aventure et de couper un trajet en bus qui aurait été bien trop long pour mes petites fesses.

Je dois aussi retirer du liquide. Sur les forums j’ai entendu parler du blue dollar. En gros, la situation économique est bien instable en Argentine. Du coup, les argentins préfèrent mettre des dollars américains de côté car leur valeur restera constante, tandis que le peso argentin fluctue en permanence. Ainsi, si vous avez des dollars américains, on vous les échanges à taux bien avantageux contre des pesos. C’est un marché parallèle. Il faut trouver les boutiques non officiels qui vous feront le meilleur change. Imaginons, l’euro et le dollar sont égaux. Si je troc au bureau de change, pour un euro, j’obtiens dix pesos. Tandis que pour un dollar, j’obtiens quatorze pesos si je trouve une bonne boutique. Dans les très grandes villes, on trouverai même du un dollar pour seize pesos. Autant vous dire que tous les touristes arrivent en Argentine avec des dollars. Ce que j’ai fait. Je profite donc de me promener dans El Calafate pour trouver un endroit où troquer. Je tombe sur un bistro restaurant avec les cours du blue dollar pratiqués, affichés à l’extérieur. Je ressors avec mes pesos, continue ma promenade et je vais faire des petites courses.

[mise à jour: j’arrive en Argentine juste quelques jours après qu’un nouveau président ait été élu. Il s’occupe de l’économie et peu de temps après mon passage, le taux de change officiel et le blue dollar sont au même niveau. Pas la peine donc de vous encombrer avec des dollars si vous y allez]

Je passe ma dernière soirée avec un groupe de frenchies, dégustation de vin rouge et de fernet-coca, une découverte, que le non-initié appréciera plus ou moins. Le fernet est une boisson qui vient d’Italie et les Argentins ont eu la formidable idée de le mélanger avec du coca (petite nature). Je me couche pas trop tard car je dois me lever tôt. Debout à six heures trente cinq minutes. Bus à huit heures. Direction El Chalten pour quatre jours de randonnée et trois nuits de campings gratuits pour soulager le porte-monnaie. Car au final, l’Argentine, c’est cher.

La route nous fait passer dans la pampa. A l’est de la cordillère des Andes, tout est bien sec et désertique. A l’entrée d’El Chalten, on passe par le bureau des gardes forestiers pour des mises en garde à propos des risques dans la montagne (on est dans le parc national Los Glacieres), de ce qu’on peut faire, ne pas faire, des conseils… On est mardi. J’ai une réservation dans une auberge pour vendredi. Je me pointe à la réception pour savoir si je peux y laisser mon petit sac à dos dont je n’ai pas besoin. C’est ok, top, je dépose donc mon sac en sécurité et je me pointe au départ de la randonnée qui monte dans la montagne.

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Le camping Laguna Capri n’est qu’à cinq kilomètres. Les campings sont gratuits et très sommaire: il n’y a pas d’eau, un seul wc de chantier avec un gros trou de trois mètres de profondeur. Voilà. Je vais rester à celui-ci pour deux nuits, comme ça le lendemain je ferai l’aller-retour jusqu’à la Laguna de Los Tres d’où je pourrai admirer le mont Fitz Roy. Aussi appelé cerro Chaltén et culminant à 3405 mètres, il a été gravi pour la première fois par les alpinistes français Lionel Terray et Guido Magnone en 1952. J’installe mon campement et je vais à la recherche d’un rivière pour faire le plein d’eau. Le plaisir de boire de l’eau fraîche de Patagonie, sans pastille purificatrice!

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Le deuxième jour, je pars vers dix heures, en mode light pour grimper en courant jusqu’au Mirador de la Laguna de Los Tres. Il y a un petit crachin, et évidemment, une fois la haut, la vue sur le Fitz Roy est bouchée. Au moins j’aurais fait de l’exercice, héhé. Par contre, je rigole moins à la descente. Y’a quelque chose qui me fait très très mal au genou gauche. Enfin, mon genou me fait mal. Fini de courir. J’ai déjà connu cette douleur de rares fois quand je courais. « Heureusement », seulement à l’entrainement, jamais en course. Je redescends, en marchant. Je croise quelques marcheurs. Je commence à être bien mouillé. J’arrive à ma maison, je m’y allonge, me repose et observe le temps qui passe. La nuit est froide, mélange de pluie et de neige, je dors tout habillé. J’ai un peu d’eau qui entre dans ma tente. Après plus d’une centaine d’utilisation, les angles du tapis de sol ne sont plus étanches. Ma chaleur humaine se pose en condensation sur les parois qui m’entourent.

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Le lendemain matin, grand ciel bleu! Yiha, ça me redonne le sourire, malgré la douleur toujours présente. Je tends une corde entre deux arbres pour mettre mes vêtements à sécher et je déplace ma tente au soleil. En attendant que tout soit sec, je file à la rivière pour remplir ma gourde et me rafraîchir le visage. Je fais mon sac et je me dirige vers le camping Agostini qui se trouve au bord de la Laguna Torre. Le sentier me fait passer par la laguna Madre (mère) puis laguna Hija (fille) d’où je vois cette fois le Fitz Roy et enfin il faut longer le río Fitz Roy. Je suis quasiment seul sur le chemin. J’arrive tôt au camping/campement et je me prends une belle place. Le soir je me promène autour du lac qui offre une vue magnifique sur le Cerro Torre (3102m). Des morceaux du glacier Grande flottent et se déplacent au gré du vent. Il fait bon dans la tente mais j’ai du mal à m’endormir, mille pensées me traversent l’esprit. Je crois que j’ai hâte de redescendre en ville, peut-être à cause de ma douleur au genou.

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Le lendemain, fin de la randonnée, il faut redescendre dans la vallée. C’est là que le genou fait vraiment mal, quand il n’est pas en appui et flotte en l’air.J’essaie de garder la jambe tendu autant que faire se peut. Un peu de repos et ça passera. J’arrive à l’auberge en fin de matinée, je récupère mon petit sac à dos et je m’installe dans ma chambre. Un de mes passe-temps: deviner la nationalité de mes nouveaux colocataires absents. Il faut repérer les indices: marque du sac à dos, un roman qui traîne… Cette fois, c’est une chambre de quatre, entièrement française. Trois autres gars me rejoignent donc plus tard. Je fais des courses, le minimum car El Chaltén est au milieu de rien et tout y est très cher. Petit repas pour reprendre des forces, je me repose.

Le lendemain, à 20 heures, départ pour Bariloche, à la limite nord de la Patagonie argentine. Pour cela, un voyage de vingt quatre heures dans le même bus! Aussi long que ça peut paraître. Douze heures jusqu’à la ville de Los Antiguos, changement de chauffeur puis douze heures jusqu’à la destination finale. Les paysages sont splendides à l’approche de Bariloche. A l’avant du bus, le chauffeur et deux passagers font tourner le maté dans la bonne humeur, ça rigole bien. Une dernière pause avant d’arriver, il fait beau et surtout: la température a bien grimper! Dehors, le t-shirt est suffisant, ça fait du bien! A l’arrivée, je rejoins l’auberge. L’endroit est plutôt chouette, mais je ne traîne pas trop la première soirée, bien fatigué du long trajet. On est quatre français en tout. Il y a un couple de vendéens: Tiphany et Mathieu et au-dessus de mon lit: Hélène, une Bretonne des côtes d’armor (Plaintel)! Une bonne ambiance règne et avec Hélène on programme une petite randonnée. Une promenade en une journée jusqu’au refuge Frey, là haut dans la montagne au bord d’un lac. J’ai eu la bonne idée de prendre l’appareil photo, la moins bonne idée de laisser la carte mémoire à l’auberge. Tant pis pour vous, mais c’était bien jolie! Une amie à fait la même randonnée quelques temps après. Et elle a des photos: par ici!

Je laisse mes trois français qui vont passer Noël ensemble dans quelques jours. Moi je vais passer noël au Chili, direction: Pucón! A la gare routière, de nouveau trois bretonnes qui empruntent le même bus. Bretons voyageurs! Le bus passe par des coins magnifiques et finalement je quitte l’Argentine, dix jours après y être entré. C’est court dix jours. Il faudra revenir.

Patagonie : Chili

Japon –> Chili, un total de vingt cinq heures de vols, une journée dans les airs. En trois étapes: Japon (Osaka) -> Etats Unis (Los Angeles) // Etats Unis (L.A) -> Chili (Santiago) // Santiago -> Punta Arenas. Un truc marrant quand vous volez dans ce sens, dans mon cas, c’est de partir le mercredi 2 décembre à 17h30 et d’arriver à Los Angeles le mercredi 2 décembre à 10h30. Voila.

10 heures pour traverser la pacifique. Et à l’arrivée, le passage de douane que je redoute le plus de ce grand voyage: j’ai entendu mille et unes histoires de personnes refoulé à la frontière américaine pour des broutilles. Plusieurs avions ont atterri en même temps à Los Angeles et pourtant il n’y a qu’une poignée de douaniers pour tamponner les passeports. Du coup ça met un temps fou malgré la pochette orange que l’on m’a donné à la sortie de l’avion avec la mention: « EXPRESS CONNEXION » et qui me permet de rentrer dans le milieu de la file d’attente. J’ai mon tampon! Yihaaaa!! Je me dépêche d’aller récupérer mon bagage et d’aller m’enregistrer pour le vol suivant. Direction Santiago, capitale du Chili, via Lima pour prendre quelques personnes au passage. L’aéroport est vraiment minuscule et mal aménagé pour une infrastructure internationale. J’y rencontre un français (il avait un livre sur la voile entre les mains). Il va rejoindre une expédition suisse sur un voilier. Ça semble cool. Avion, pause à Puerto Montt pour récupérer des passagers et enfin on descend vers Punta Arenas. Par le hublot, les paysages sont magnifiques, avec très peu de trace du passage de l’Homme et c’est immense, ça change du Japon. L’aéroport, lui, est minuscule. J’atteins le point le plus méridional de cette aventure: 53° 09′. Punta Arenas, d’après le wiki: la population était de 131 067 habitants en 2012. C’est la ville la plus peuplée et la plus cosmopolite de la Patagonie chilienne ; principalement les descendants des colons européens : 50 % de la population est d’origine croate et pour le reste Allemands, Britanniques, Espagnols, Français, Italiens et Suisses. Température moyenne annuelle: 5,9 degrés Celsius. Mais on est en décembre, c’est l’été! Température moyenne pour ce mois de l’année: 9,7° C.

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Je prends le mini bus (3000 pesos chilenos, environ 4 euros) qui nous emmène dans la ville, vingt kilomètres plus loin. Je suis déposé dans le centre et je rejoins l’hostal (auberge) à pied. A l’accueil je suis rassuré car la personne en face de moi parle anglais! C’est que mon espagnol remonte au cours du collège et du lycée, si loin! J’ai trois mois devant moi pour remonter le niveau. L’endroit est splendide, face au détroit de Magellan.  Au rez-de-chaussée, les dortoirs de dix lits sont un peu étroits, mais c’est très correct. Et puis après avoir dormi dans des capsules hôtels au Japon, tout devient palace! A l’étage, des grandes vitres face au bras de mer permettent de chauffer une grande pièce: d’abord un salon bien sympa puis une belle cuisine. L’ensemble est super spacieux et il y a du monde! Ça me rappelle les auberges d’Europe de l’est où il y avait toujours quelqu’un avec qui papoter. Je retrouve l’esprit backpacker avec grand plaisir, des personnes qui partagent avec moi le goût du voyage, de l’aventure et des grands espaces.  PATAGONIE résonne en chacun de nous. 

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Les jours suivants, je me frotte à cette nouvelle culture sud-américaine. Parfois même je me retrouve seul dans le centre ville (pas si seul, le nombre de chiens errants est impressionnant).  Ça me fait bizarre, après être passé par deux pays où la densité de population était énorme (Indonésie, Japon). Les rues sont très longues. En fait, l’urbanisme est très calqué sur le modèle américain: tout est quadrillé, les rues sont bien parallèles et perpendiculaires entre elles. Sinon en ville on trouve de tout, comme on trouverai chez nous. Au supermarché (c’est le foutoir, ça change du Japon), les pick-up font le plein de sodas (3 litres) et autre super(mal)bouffe.

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Dans le dortoir, il y a une franco-américaine de Boston (merveilleuse musicienne avec sa guitare et sa belle voix), des Allemands, une Israélienne, quelques français (je vais en croiser un paquet en Amérique du sud), dont une retraitée, elle se plaint tout le temps, il est peut-être venu le moment pour elle d’arrêter de voyager. Et surtout, je rencontre Laura et Reza, cyclo-voyageurs et médecins écossais. Leur itinéraire: Ushuaïa -> Colombie, en longeant la cordillère des Andes. Une tentative d’ascension du Mont Aconcagua (6962 mètres) est aussi prévue. Cette belle traversée a pour objectif de récolter des fonds pour une association de médecins afin d’effectuer des opérations de chirurgie en toute sécurité dans les pays en voie de développement. Ils font une pause ici à Punta Arenas car Reza a une douleur au genou. D’ailleurs, je souffre moi aussi encore du coup de Papy Tomoo sur le coeur, offert au karaté. Souvenir du Japon.

Niveau alimentation je me cuisine des bons petits plats faciles et surtout, je retrouve du pain, à gogo (Marraqueta notamment)! Le matin, on prend tous un magnifique petit déjeuner (compris dans le prix) sur une grande table, servit à 8h, je dois patienter car je me lève tout le temps à 6h30 (effet décalage horaire?) Je vais à la pêche aux infos pour la suite, car évidemment je n’ai pas planifié grand chose à l’avance. Très rapidement je tombe sur le Parc Torres del Paine et ses randonnées. Il y a le circuit W (du à sa forme) et le O (idem) plus long et plus costaud. Comme mon équipement n’est pas dingue, je m’oriente vers le premier. Les bus pour rejoindre le parc partent de Puerto Natales, plus au nord. Je réserve donc une auberge et un billet de bus pour y aller.

Je quitte Punta Arenas le lundi matin, avec le bus de 11h. Nous sommes seulement huit dans un bus super grand, direction Puerto Natales (250 kilomètres). Le chauffage déconne et ça devient un vrai sauna à l’intérieur. Heureusement les locaux préviennent le chauffeur. Action / réaction, à défaut de pouvoir réparer le chauffage, il ouvre simplement les panneaux d’aération du toit. Je pique un mini-somme. Arrivé à la gare routière de Puerto Natales. Beaucoup de backpackers et à l’extérieur, beaucoup de chiens errant aux gueules bizarres autant qu’étranges. Il fait beau.

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Je rejoins de suite l’auberge où j’ai réservé deux nuits. A première vue, ça ne paie pas de mine, surtout après être resté à celle de Punta Arenas. C’est petit et c’est plutôt un Bed & Breakfast chez l’habitant. Mais très rapidement, je vais prend goût au lieu et aux gens qui y vivent. Malgré le terrible petit Iker: attention de ne rien laisser traîner qui soit mangeable! Les parents sont super cool, no stress. Je suis dans une chambre de quatre, il y a même un autre breton! Le mythe du breton voyageur est donc vrai. C’est un papy des côtes d’Armor venu en Patagonie pour faire des excursions en kayak. Belle retraite. Il y a d’autres français aussi dans l’auberge. Le petit déjeuner est énorme: céréales, lait, jus d’orange, café, thé, gâteau maison, pain, confiture, beurre.. de quoi prendre des forces pour tous les aventuriers.

Jour 1

Et départ un beau matin pour le parc Torres del Paine. Le bus est complet. Rempli de randonneurs encore frais et propres. Il faut environ 5h30 de route (splendide) pour arriver à l’entrée du parc (Laguna Amarga) où les guardaparques (gardes forestiers) nous attendent (nous et les autres bus). On paie notre entrée pour le parc, 18000 pesos chilenos, on renseigne un registre avec nom, nationalité, téléphone… on nous remet aussi une carte qu’on doit poinçonner aux différents checks-point du parcours. Ensuite on nous passe une vidéo sur ce que l’on peut faire et ne pas faire dans le parc. Tout ça est très bien rodé, un vrai business. On remonte dans le bus direction Guarderia Puedeto afin de prendre le catamaran qui nous emmènera au point de départ de la randonnée à Paine Grande. La météo n’est pas dingue, les paysages le sont. On navigue sur le lago Pehoe, tous les sacs à dos entassés à l’avant du cata et après trente minutes de navigation on pose pieds à terre. En Patagonie, beaucoup de gens sont habillés en Patagonia. Relation de cause à effet? Les français, en Quechua. Back to roots en Amérique du sud. Mais il faut se méfier avant de saluer « vous êtes français?! » car beaucoup d’espagnols portent aussi la marque. J’entends plusieurs langues différentes, principalement l’espagnol, le français, l’anglais et l’allemand.

Je suis donc à Paine Grande et je n’ai plus qu’à suivre le balisage direction: Refugio Grey où je trouverai un refuge et surtout un emplacement pour ma tente, bien moins cher que de dormir dans la cabane. Ça grimpe tout droit (ou presque) dans la montagne. Je ne vais pas le répéter cinquante (mille) fois, mais les paysages sont dingues. Et ce n’est que le début. Je parcours les onze kilomètres en 2h06. Le temps n’est pas terrible, il y a un petit crachin breton. Au refuge, je paie mon emplacement, environ huit euros et je pointe dans le carnet (Nom, Prénom, Nationalité, direction…). Je trouve une place presque à l’abri, sous les arbres, sur les racines. Je monte la tente et je retourne au refuge. Il y a une partie pour ceux qui ont choisi de passer la nuit à l’abri et sur un lit, il y a une mini supérette (hors de prix, conseil: faire les courses à l’avance!), il y a des toilettes et douches et une cuisine pour les campeurs. La pièce est pleine mais au moins, on est au chaud. Un petit repas et au lit!

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Jour 2

Le lendemain matin, je profite du temps correct pour laisser mes affaires au camp et rejoindre le point de vue qui donne sur le glacier. C’est joli, avec ces gros glaçons qui flottent dans le lac. Je reviens sur mes pas, boucle le sac à dos et pars sur le même chemin parcouru la veille. Ça redescend jusqu’à Paine Grande, au bord du lac, où je pointe ma carte auprès des guardaparques. Je suis parti assez tôt et je croise très peu de monde. Le vent me tient compagnie. Ou plutôt il me repousse. J’arrive au Campamento Italiano. J’ai deux option: installer mon campement ici (il est environ midi) et faire l’aller retour jusqu’au Campamento Británico et admirer la vue sur la Vallee del Francés. Mais le ciel est totalement bouché. J’opte donc pour la deuxième option: poursuivre jusqu’à Los Cuernos où il y a un refuge et des places pour les tentes. Une fois de plus, j’arrive assez tôt, ce qui me permet de trouver une jolie place sous les arbres et petit privilège, de prendre une douche chaude! La réception est fermée pour le moment. Mais l’espace cuisine est quand même ouvert. Déjeuner light, en compagnie d’un petit groupe de trois, composé de deux allemands et d’une israélienne qui s’est greffée à eux. La réception a ouvert et c’est déjà la queue pour prendre une place dans le refuge ou sur le camping. A l’intérieur il y a un restaurant, tout est en bois, c’est magnifique. Je me promène aux alentours puis je retourne dans ma petite maison en arceaux et en toile. Journée de 23,5 kilomètres en 4h50.

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Jour 3

Etape de grimpe! Il fait beau, c’est parfait. La première moitié du parcours longe le lac, puis ça monte dans la montagne. Je fais une pause au Refugio Chileno (refuge + camping) à 495 mètres d’altitude. Il y a beaucoup de monde à rester ici. Je pense qu’il prenne une journée en plus pour faire l’aller-retour jusqu’au Mirador de las Torres. Je poursuis la montée jusqu’au Campamento Torres, cette fois à 875 mètres. Pas de refuge-hotel ici, seulement des places pour les tentes, des toilettes, un abri pour les gardiens et un abri pour cuisiner. Le top! J’installe mon campement et je file pour l’ultime ascension jusqu’au mirador de las Torres (1000 mètres), point d’orgue de ce trek avec un point de vue imprenable sur les tours. Clairement, ça grimpe sec! Mais comme je n’ai pas de sac, je suis léger et je monte vite (aucune raison de le faire, juste une vieille habitude prise en course à pied, héhé). Je double et croise d’autres randonneurs. Puis finalement, je me retrouve au bord d’un magnifique lac à l’eau bleu turquoise. Je trouve une grosse pierre sur laquelle je m’assois et observe tout le lieu. Le lac, les pierres, les Torres, majestueuses bien qu’un peu voilées par un petit brouillard. Et puis je commence à avoir froid, il est temps que je redescende me mettre à l’abri. Petit dîner, il y a un peu plus de monde au camping, des français (encore) près de ma tente. Journée de 22,2 kilomètres en 4h30. Je ferme l’entrée de ma tente tandis que quelques flocons de neige sont en train de tomber…

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Jour 4

Il n’a pas fait chaud cette nuit ! J’ai dormi tout habillé dans le sac de couchage, l’ouverture de celui-ci fermée presque entièrement. Petit-déjeuner express, je range tout dans mon sac puis je sors de la tente. Nouvelle journée, nouveau décors: c’est blanc de partout! C’est ça la Patagonie, là voila! Quatre saisons en quatre jours! Je démonte la tente, les doigts gelés. Je pars en remontant de la cuvette dans laquelle se trouve le camping, ce qui me donne une vue panoramique saisissante!

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La promenade finale pour redescendre dans la vallée va être un vrai régal. Je suis un des premiers à laisser des traces sur le chemin puis je croise des randonneurs qui monte vers là d’où je viens. Je fais une pause comme la veille au niveau du Refugio Chileno et je poursuis la descente jusqu’à l’Hosteria de las Torres, un hotel plutôt chic où les navettes passent pour prendre les voyageurs entre ici et l’entrée du parc. Comme j’ai du temps et que je préfère ne pas dépenser d’argent inutilement, je marche jusqu’à l’entrée du parc. Il fait super beau, le ciel est bleu, ça change du réveil! Après 15,5 kilomètres de sentiers et de piste,  j’atteins la sortie du parc (Laguna Amarga). J’attends avec un anglais de Liverpool qui a un accent de fou, je lui demande de répéter à chaque fois. Juste avant, je me suis arrêté à côté d’un pont pour monter ma tente et la faire sécher entièrement. Le bus arrive et embarque sont lot de randonneurs, bien moins frais qu’à l’aller et tout le monde s’endort rapidement. En route, direction: Puerto Natales: retour à la civilisation, retour à la nourriture, j’ai faiiiiiiiiim!

[Petite parenthèse Trek W: C’était extra! réalisé en décembre 2015, je me suis pas mal informé grâce à ce site: Novo Monde – Torres del Paine. Sur place j’arrivais de bonne heure sur les campings pour avoir une bonne place et il n’y avait pas besoin de réservation (sauf peut-être pour les nuits en refuge). De ce que je peux lire aujourd’hui, un an après, dans les commentaires sur l’articles, c’est qu’il faudrait maintenant réserver dans tous les cas à l’avance! Du coup ça complique beaucoup de choses pour les randonneurs voyageurs qui en général ne programment pas leur voyage au jour près. Ça va en dissuader plus d’un d’ y aller et c’est bien dommage.]

De retour dans ma petite auberge familiale! Douche, lessive et le plein de nourriture! C’est rigolo de retrouver les mêmes têtes vu quatre jours plus tôt. A la gare, j’ai voulu réserver le bus du lendemain matin pour El Calafate en Argentine. C’était complet, j’ai donc pris un ticket pour celui de 18 heures. Par email, j’apprends que Reza et Laura, les cyclo-voyageurs rencontré à Punta Arenas, sont aussi en ville! On s’organise un petit resto le lendemain midi. Le soir, je retrouve mon lit !

Réveil, toujours ce méga petit déjeuner qui va me manquer et je prépare mon sac, avec mes affaires qui sentent bon!  Je retrouve mes petits écossais et l’on se rend dans un petit resto-café-auberge super joli! Reza à toujours ça douleur au genou. Je peux me mettre facilement à sa place et je sais que psychologiquement c’est très dur car tout est remis en question. Mais on positive et on commande des bières et des hamburgers! Pas le petit hamburger nan, le burger qui fait la taille de la Patagonie! Et super bon au passage. Il y a des vieux loups de mer français derrière nous. Retraités qui naviguent paisiblement à la voile dans des décors uniques au monde. Laura et Reza vont profiter d’être ici pour aller faire du kayak dans le parc Torres del Paine, se sera bien moins traumatisant pour le genou de Reza. On passe un super moment ensemble, on se promène des les rues et on fait quelques magasins d’équipement outdoor pour qu’ils fassent du repérage. Puis je dois les quitter, quitter mon auberge et monter dans le bus direction l’Argentine pour de nouvelles aventures!

Peut-être même que je croiserais Florent Pagny sur sa monture !

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Japon

Préambule : lors d’un tour du globe, le Japon est rarement sur la liste des pays à visiter, le voyageur préférant, sur des longitudes voisines, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande. Mais pour moi, le pays du soleil levant est un amour de jeunesse que je me dois de rencontrer. Ça a commencé lorsque j’ai vu le film L’été de Kikujiro sur Arte. Les merveilleuses musiques de Joe Hisaishi qui accompagnent ce road-movie et l’incroyable acteur Takeshi Kitano m’ont envoûté. J’ai ensuite absorbé tout ce qui me fascinait sur le Japon via les films, la musique, les mangas, les romans… Et après tant d’années, il est l’heure de passer de la théorie à la pratique. 前進!

 

 

Je décolle donc de Bali (Indonésie) le samedi 31 octobre, dans l’après-midi. Passage par Hong-Kong. Les deux vols se font avec la compagnie Cathay Pacific et les repas sont un poil meilleurs qu’avec la Qatar Airways. Films: Mad Max Fury et Les Minions (quel ennui comparé à Moi, moche et méchant!).

Arrivée à l’aéroport de Narita (Tokyo) à six heures du matin. Visa, empruntes digitales et tout le toutim. Bon premier problème, mon vieux téléphone ne fonctionne pas au Japon car il faut impérativement un mobile 3g ou 4g, vive la modernité. C’est un chouïa embêtant car je dois retrouver un ami qui habite dans la capitale et je n’ai pas l’adresse exacte, seulement un point de rendez-vous sans heure précise. Deuxième problème: le distributeur automatique ne veut pas me cracher de billets. Trop polie sûrement. Hallelujah, il me reste un ultime billet de cinquante euros. Le précieuuux! Je vais au bureau de change et la première grosse différence avec l’Indonésie : la paperasse ! Je dois remplir un papier avec la somme que je veux changer, nom, prénom, numéro de passeport, de téléphone et adresse au Japon. On ne sait jamais ! N’oublions pas que nous sommes dans un des pays les plus sûrs du monde. Bon du coup j’ai un petit peu d’argent. N’oublions pas que nous sommes dans un des pays les plus chers du monde. C’est quelques yens en poche me permettent de prendre le bus pour Tokyo à environ soixante kilomètres. Avant de quitter l’aéroport, je profite de la wifi gratuite pour pouvoir faire un virement sur mon compte pour retirer des sous plus tard. Prendre le bus au Japon, là aussi ça change! D’abord tout le monde (on est dix environ) attend à la queue-leu-leu le long d’un marquage prévu à cet effet et au bon numéro d’arrêt. Ensuite le bus arrive et un assistant pose des étiquettes sur chaque bagage puis nous donne l’autre partie du coupon, comme pour prendre l’avion quoi. Évidemment le car est super confort. On roule sur une route déserte de tout véhicule, même dans Tokyo!

Huit heures, dimanche, je troc mon coupon contre mon sac à dos, en avant Guingamp ! Quelque chose me surprend, je suis dans la plus grande mégalopole du monde et il n’y a pas un chat. Je me dirige vers le métro. Je vais pas tout expliquer le système de rail au Japon mais en gros c’est assez complexe car il existe plusieurs compagnies à se partager les tunnels, que se soit en train ou en métro. Pas de monopole comme pour SNCF et RATP. Heureusement les indications sont écrites en rōmaji: transcription de l’alphabet japonais pour les occidentaux. Je peux donc suivre facilement mon plan du métro et rejoindre la sortie où je dois retrouver Gautier. Les sous-sols sont énormes, on y trouve de nombreux commerces et des toilettes gratuites. À la borne de tickets, je ne trouve pas le pass trois jours que je voulais prendre, alors je me rabats sur un ticket unique. La tarification du métro japonais se fait en fonction de la distance à parcourir. Tout est assez simple au final. Dans la rame, passer un appel est interdit. Au fond de la voiture, une japonaise est habillée traditionnellement, en kimono. Entre deux lignes je trouve un distributeur où je peux enfin retirer plus de monnaie. Et puis je refais surface, il fait beau! Par contre ce n’est plus les chaleurs qu’il y avait en Indonésie, je retrouve les saisons et c’est l’automne. Miracle, près d’un bâtiment je capte une connexion internet gratuite et je peux prévenir Gautier. Il arrive cinq minutes plus tard. Toujours un plaisir de revoir des têtes connues pendant un long voyage surtout qu’on ne s’était pas vu depuis longtemps. Nos parents sont amis de longue date. Gautier s’est expatrié au Japon il y a sept ans environ. Il y vit avec sa femme japonaise qu’il a rencontré lors de ses études, en France. On arrive à l’appartement. La clé pour ouvrir est une carte perforée. On retire les chaussures à l’entrée selon les us et coutumes. À l’intérieur, tout est bien pensé pour caser le maximum de choses dans un minimum de place. « Minimaliste » ils disent, les vendeurs d’immobilier. Je dis bonjour à Kayoko et je file sous la douche. Pour l’Européen que je suis, c’est rigolo de voir une salle de bain Yamaha et des toilettes de l’espace Panasonic. Ensuite je prends des forces avec un bol de céréales et on sort pour trouver mon futur compagnon de voyage : un vélo!

Eh oui, ça trottait déjà dans ma tête en Indonésie alors qu’au retour du tour d’Europe à bicyclette, je ne voulais plus en entendre parler. Chasser le naturel, il revient au galop. Ça doit être vrai. Du coup, suite à une longue réflexion, il a été convenu que voyager à vélo serait le moyen le plus économique et le plus fun pour découvrir le pays des sushis, des pokémons et des yakuzas. Pour que tout ça soit rentable, je dois dégoter l’engin le moins cher possible. On se rend donc dans un magasin du genre la Foire-fouille, version japonaise. J’opte pour le mama-chari, littéralement « vélo de maman », c’est le vélo le plus commun ici. Caractéristiques : une seule vitesse, un porte bagage, un panier de guidon, une béquille et un antivol intégré à la roue arrière. Voilà voilà. Faut enregistrer Kuro-suke (oui on l’a baptisé,, haha), car tous les vélos doivent posséder une plaque (un autocollant) d’immatriculation pour lutter contre les vols. Heureusement que Kayoko et Gautier sont là sinon j’aurais galéré à remplir la paperasse, surtout que mon anglais ne me servira pas à grand chose ici: il faut le nom, un numéro de téléphone et leur adresse. J’achète en plus un petit kit de réparation. Me voici près pour de nouvelles aventures avec mon, tout petit, vélo noir. J’ai bien fait de ne pas prendre le pass métro trois jours finalement. On retourne à l’appart’ pour déposer mon nouvel acolyte et on poursuit la promenade jusqu’à un petit temple Shintoïste.

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Pour entrer dans le lieu sacré, il faut passer sous un Torii. Puis on se lave les mains (on peut aussi se rincer la bouche) à la fontaine afin de se purifier. C’est joli et calme, en contraste avec la grande mégalopole qui l’entoure. On fait ensuite des courses pour le soir en passant par des petites ruelles typiques. Il est seize heures, il fait sombre et j’ai l’impression qu’il est vingt heures. N’ayant que très peu dormis dans l’avion, je suis claqué. Apéro et sushi, yeah! C’est un vrai festin que j’ai sous mes yeux, il faut piocher et faire ses sushis soi-même, génial! C’est un vrai bonheur après un mois de riz frit, pâtes frites, œufs frits, tutti frit en Indonésie. Bref, c’est un régal et je mange pour dix. On regarde la télévision. Les programmes sont fous et les japonais sont zinzins, en tout cas a la télé. Je dis au revoir a mes amis car demain ils seront déjà partis travailler quand je me réveillerai. Je me couche sur mon futon (petit matelas) installé sur les tatamis.

Réveil et bon petit déjeuner. Paré pour attaquer ma première journée, seul dans la plus grande agglomération du monde, sur mon petit vélo. Je dois rejoindre un hôtel capsules que Gautier et Kayoko ont réservé pour moi. Au bout de trente minutes, j’ai mon premier contrôle de police, au faciès. Logique, dans un des pays les plus sures au monde, un grand blanc barbu (GBB), sur un vélo pour maman japonaise, ça parait louche. Ils me demandent mon passeport et il passe un appel. En le voyant regarder l’immatriculation de la bicyclette, je comprends que c’est pour vérifier que je ne l’ai pas volé. Mais je suis en règle, hehe, sayonara! Je m’arrête dans le premier konbini d’une longue série dans lesquels je me rendrais tous les jours quasiment durant mon passage au japon. Qu’est ce qu’un konbini? C’est ça (cliquez sur ça). Pour résumer, j’y trouve de quoi me nourrir pour pas cher (possibilité de réchauffer au micro-onde), des toilettes du futur, thé et chocolat chaud et internet (et parfois même des prises). Et y’en a un tous les deux kilomètres, voir moins, voir plus. Autant le dire: c’est le paradis du voyageur à vélo. Voila pour la parenthèse konbini. Je me trompe d’abord d’hostel car je n’ai pas pointé le bon sur mon gps. Je suis dans le quartier de Shinjuku et je tourne pas mal mais je trouve finalement mon hébergement pour la nuit. A l’accueil, le réceptionniste ne parle pas japonais. Ce sera souvent le cas pendant les trente jours, les japonais ne parle pas anglais. Comme les français au final. Bon, j’arrive quand même à lui signifier que j’ai une réservation. Je dépose mes chaussures dans une des boites à l’entrée en échange de claquette. Je rejoins mon dortoir, ma boite. Eh oui, un hôtel capsules, comme sont nom l’indique, est un hôtel où l’on dort dans des capsules. Petites boites de la taille du matelas, avec télé et radio-réveil intégré. Il y a des étages pour hommes et le dernier est réservé aux femmes.

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Je file à la douche. Enfin au bain japonais. Comment ça marche? Vous vous rendez dans une grande salle de bain ambiance: « tous à poil et on se caresse ». Vous laissez vos vêtements dans un panier dans le sas juste avant. Ensuite vous vous asseyez sur un pot en plastique et vous vous douchez, tout est a disposition: shampoing, savon. Le tout entouré par des japonais, kiki à l’air. Il y a cinq ans, je ne sais pas si j’aurais pu, j’étais pudique. Mais avec toutes les courses à pied, j’ai appris à mettre cette pudeur de côté au moment de se doucher après des heures d’effort. Après que vous vous soyez bien rincé, vous plongez dans la grande baignoire avec tous les autres petits loulous. L’eau est super chaude et on se détend tranquillement. Une bonne expérience. Je teste aussi le sauna, là aussi ça chauffe. Je sors ensuite dans le bourg, histoire de voir un peu comment ça bouge. Il fait nuit et les néons flashent leurs lumières de partout. De nombreuses ruelles sont vides de véhicules et c’est agréable. je vois quelques blancs, très souvent des couples, avec probablement moins de temps et plus d’argent que moi et quelques expats aussi. Je fais un peu le tour des boutiques et je découvre le 100 yens shop (108 ou 110 en vrai avec la taxe, environ 1 euro). J’y trouve notamment des sangles pour fixer mon sac a dos sur le porte-bagage et une house anti-pluie pour mon panier a l’avant. En retournant l’hôtel, un black m’accoste pour me faire venir dans un club où des filles dansent avec très peu de vêtements. Très peu pour moi. Je le suis quand même, j’adore faire perdre leur temps à ses gars là. Un peu comme quand on vous pose des questions dans la rue pour sauver le monde, qu’on vous baratine des plombes pour au final demander un don. Et puis comme ça je lui raconte un peu mon aventure. Je le quitte devant son club et deux rues plus loin, un autre black retente la même chose Mais cette fois je trace ma route. Je ne sais pas si c’est par timidité ou parce qu’ils ne parlent pas anglais que les japonais ne font pas ce job de rabatteur. Retour a l’hôtel, bouffe et dodo.

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Le lendemain matin, je prends un dernier bain japonais avant de m’élancer dans l’inconnu. La ville est grande, mon vélo toujours là où je l’ai laissé, il y en a tellement! Je passe par le quartier hyperactif de Shibuya et je fais une pause dans le parc de Yoyogi. A l’entrée il y a des nationalistes, bien sapés, devant leurs camionnettes avec des enceintes énormes sur le toit pour diffuser la propagande. Je gare mon vélo sur le parking prévu à cet effet. On passe de nouveau sous un Torii, plus loin sur la gauche il y a des barriques de saké, en offrande pour les dieux. C’est très boisé et il y a du monde. Les japonais aiment revêtir les vêtements traditionnels, les kimonos, pour se prendre en photo devant les temples. Ils sont beaux et même sans kimono ils sont toujours bien habillé. A voir quelques voitures près du temple, de luxes, avec chauffeur et le drapeau d’autres pays, j’imagine que c’est aussi l’occasion d’une sortie diplomatique bien venue. Il y a aussi un petit spectacle avec des adultes jouant une petite pièce de théâtre puis des enfants jouant de la musique (flûte et percussion).

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Je repars car je dois rouler un peu si je veux quitter la ville et trouver un endroit pour poser ma tente. Je trouve un grand espace vert au bord d’une rivière à Kawasaki. Sur la digue qui me sépare de la route, des gens courent, font du vélo. Autour de moi, d’autres promènent leurs toutous, font voler des cerfs-volants, les kids jouent au base-ball. J’attends la nuit pour installer mon premier bivouac japonais. Je pars de bonne heure le lendemain matin.

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L’après midi j’arrive à Ayasa dans un parc énorme, avec une partie promenade, jeux pour enfants, aire de pique nique. Et une partie sport avec deux stades de base-ball (le sport number one au japon), des stades de foot, de tennis… c’est vraiment grand et ultra moderne. Je laisse mon biclou à l’entrée et je vais me promener. Il fait beau, il y a du monde. Le soir, je plante ma tente entre le terrain de tennis et celui de football, une fois que tout le monde est parti. Et ce soir là, pour la première fois je ressens de la solitude. Je croisais toujours du monde en Indonésie et en Europe sur mon vélo j’avais un planning qui me donnait un cap un suivre. Ici, j’ai pas de plan, rien de prévu, juste avancer jusqu’à Osaka sur mon petit vélo. Y’a des gens a qui ça va très bien de ne pas savoir où ils vont. Bon, moi non plus je ne sais pas où je vais non plus, j’arrive à chaque fois dans un endroit pour la première fois de toute ma vie. Mais j’ai besoin d’un planning, d’être cadré, même si je ne respecte pas à la lettre ce que j’ai prévu car il faut toujours laissé de la place à l’imprévu. Mais ça m’oriente et me rassure. Alors dès le lendemain, je vais au konbini d’à côté, je prends mon petit déj’, je me connecte au net, je prépare mon petit planning et j’envoie des mails et je regarde les auberges disponibles dans les grandes villes. De plus, comme je suis de nouveau sur un vélo, je peux utiliser le réseau d’aide et d’hébergement entre cyclo-voyageurs: Warmshowers. En tout, je reste trois nuits à camper dans cet endroit, ce qui en fait le bivouac sauvage dans un même lieu le plus long de toute l’aventure! Je me promène, je regarde les matchs des kids au base-ball, avec toutes les mamans supportrices, à fond derrière leurs gamins. Dans le grand parc il y a un petit bâtiment avec des tables pour se poser, une mini supérette, des salles, des distributeurs de boissons (il y en a tous les cent mètres au Japon!) et…des vestiaires avec douche à cent yens. Environ 85 centimes d’euro, autant vous dire que ça fait mon bonheur!

Je me remets sur mon vélo et je roule à gauche et devant moi, je vois le magnifique Mont Fuji. J’aurais voulu le grimper, mais j’ai abandonné l’idée car les capacités techniques de mon vélo ne me permettent vraiment pas d’y aller et on est en novembre, la météo est… automnale. Je reviendrai. Ce soir là je dors sous un pont à Odawara. J’ai trouvé comment avoir un spot de bivouac idéal au Japon: je prends ma carte électronique et je repère les grosses rivières à l’entrée ou à la sortie des villes. Les Japonais ont eu la bonne idée de laisser une large bande de verdure de part et d’autres de celles ci. Du coup j’y trouve des aires de sports de plein air, des pistes de footing et vélo, une pelouse bien tendre et une grande digue qui m’abrite de la vue des habitations. Par contre, les Japonais font TOUT LE TEMPS du sport. Surtout les anciens (ce qui explique leur longévité, avec l’alimentation), de 4 heures du matin à 23 heures, et sans lumières! L’héritage des ninjas. Sinon, je le savais avant de venir, le Japon est un des pays les plus surs au monde (oui je me répète). Du coup je monte ma tente sous ce pont, je mets toutes mes affaires dedans, je laisse mon vélo, je prends juste mon sac à dos avec mes papiers importants et je file au konbini, serein. Quand vous entrez dans ces supérettes, une sonnette retentit et les deux vendeurs vous braillent quelques chose qui doit surement dire: bienvenue à vous. C’est un réflexe très automatique, parfois sans même regarder si quelqu’un est vraiment entré, haha. Retour sous ma tente sous le pont sous un ciel qui se couvre…

Le lendemain, il pleut. Du genre crachin breton. Abrité sous mon grand pont, je peux remballer mes affaires au sec. Je pars et je traverse le pont. Le temps est dégeux, et aujourd’hui, c’est étape de montagne. Je pars du niveau de la mer et j’atteints ma hauteur maximum de ce voyage au Japon: 850 mètres, au niveau du Mont Hakone. De 0 à 850 mètres donc, en une demie journée, sous la pluie, les nuages, parfois le brouillard, à pousser mon vélo car la vitesse unique ne me permet pas de pédaler dans les montées . Je suis dégoutté car je vois à quel point ce que je traverse doit être magnifique de jour: vieux temple, villages typiques, lac d’altitude… Petite pause pipi sur une aire de repos tout là haut puis c’est parti pour quinze à vingt minutes de descente jusque Mishima (comme Yukio). Un peu de repos donc, au moins physique car il faut rester vigilant, la route est mouillée et les freins ne sont pas dingues alors prudence. Arrivé à Mishima, ma roue arrière crève, manquait plus qu’ça!

Épuisé, trempé, je file dans un konbini, je prends un goûter et je m’installe à l’intérieur. Je surfe, presque littéralement, sur le web. Je regarde les hôtels et j’en trouve un à pas cher: 35 euros. Pas cher, pour un Japonais en fait. Je pointe approximativement l’emplacement de l’établissement sur le gps. Je file, en marchant à côté de ma pauvre bicyclette, il ne pleut plus. Il va bientôt faire nuit et je n’arrive pas à trouver l’hôtel, je tourne autour mais un problème se pose: tout est en caractère japonais, rien n’a été traduit en romaji (caractère romain). Un bâtiment est plus imposant que les autres et en m’approchant je devine que c’est le bon endroit. En entrant, la réceptionniste sait de suite que je suis Mr Dauphin, le blanc perdu à Mishima. Ahaha. Elle me donne la clé de ma chambre et je prends l’ascenseur. Je rentre dans mon palace. Ah non. Ma chambrette, mais à la japonaise: avec tous le confort: grand lit, télé, internet et… une baignoire. Oyé oyé, soir de fête !!! Je commence par une douche, je lave en même temps toutes mes fringues sales de cette journée d’enfer et je mets tout à sécher. Puis c’est l’heure de prendre un bain! Je ne prends jamais de bain (l’eau est une ressource rare, ne l’oublions pas), mais là, c’est mérité. Détente, les jambes en l’air, hors de l’eau à cause de mon mètre quatre-vingt-cinq. Tout le bordel de mon petit sac à dos est étendu sur le sol.

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Étonnant à quel point je peux prendre possession (m’étaler) dans un si petit espace. Je sors à la supérette pour acheter un peu (énormément) à manger et une bière aussi! Retour dans ma chambre pour déguster tout ça devant la télé. Les japonais sont très pudique et ne sortent jamais du rang dans la vie de tous les jours mais alors à la télé, c’est une kermesse générale!! Je n’y comprends rien, alors je reste devant les combats de sumo, comme hypnotisé. Dodo. Bon pour 35 euros par contre, il y a un petit déjeuner inclus, autant vous dire que c’est à ce moment qu’il faut rentabiliser le prix de la nuit! Manger pour trois, voir quatre. Je prends de tout et j’essaie un plat super typique, mais super particulier, voir pas bon: le Nato! « Aliment à base de soja fermenté, consommé avec du riz ou seul, parfois au petit-déjeuner. Très gluant, ne sent pas très bon et vraiment pas pratique à manger car ça fait des fils. » J’aurais essayé.

Je retourne dans ma chambre, je fais mon sac et je file. Je tente de réparer ma chambre à air, mais je n’arrive pas à trouver la fuite. Je trouve un réparateur de vélo, cent mètres plus loin. Je rentre dans sa boutique et lui fait comprendre de venir dehors pour lui faire voir la crevaison. Je lui montre que j’ai une chambre à air neuve, mais mon interlocuteur à bien 85 ans passés et il travail à l’ancienne. Se sera donc: rustine. A la fin de l’opération (au moins quinze minutes!!), papy m’écrit le tarif sur du papier: 1300 yens, environ 10 euros. Pour une foutue rustine! Woooooo! C’est à ce moment là qu’une pensée me traverse l’esprit: si j’ai d’autres pépins mécaniques, j’abandonne le vélo et poursuis en stop. Une pensée qui me restera jusqu’au dernier jour au Japon avec ma bicyclette, haha. Néanmoins papy vélo est gentil et m’offre deux mandarines super bonnes. Plein d’énergie, je repars! Mon itinéraire suis le bord de la mer, celle ci est séparée des villes par une grande digue, et des panneaux préviennent du risque de tsunamis et indiquent la direction à prendre pour rejoindre les hauteurs. Le soir, je trouve un bivouac entre deux haies à Fuji, easy. Au konbini je réserve une nuit dans un hôtel Ryokan pour le lendemain à Shizuoka. Plutôt plat, je roule bien et la réparation tient. J’arrive en fin de matinée dans la cinquième plus grande ville du Japon, vue sur Pacifique. Je me faufile au travers des nombreuses rues et observe les locaux vaquer à leurs occupations. Je trouve l’hôtel ryokan. « C’est quoi un ryokan???? » Simplement une auberge typique japonaise. Celle où je viens d’atterrir est une petite maison, chez l’habitant. Je rentre et la propriétaire viens m’accueillir. Elle parle anglais, wouhou! Elle me montre la maison puis ma chambre. Je suis le seul client. La chambre est traditionnelle, avec des tatamis au sol, un futon (matelas très fin à même le sol) pour dormir, une table basse, une télé, une bouilloire, un frigo et du thé. Douche, course, dîner, dodo.

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Le lendemain, je souhaite toujours longer la côte, alors je prends la route que j’ai repéré sur mon gps. La vue est magnifique et la route commence à grimper sur les falaises. D’ailleurs je suis seul sur cette route. J’arrive au sommet de cette route (en restant sur le vélo, yeah!), puis ça redescend. Je vois un petit village au pieds des falaises. Là route que je souhaitais prendre passe par un tunnel. Chanceux comme je suis, il est fermé, en travaux. Le village en bas est le terminus, je dois faire demi-tour! Je demande aux gars d’chantier si je peux prendre une route que j’ai repéré sur ma carte. C’est okay, mais ça me fait quand même revenir sur mes pas, monter, puis redescendre jusqu’au pied des falaises. Petite pause déjeuner. Je reprends la route. Je ne voulais pas la prendre initialement car je pensais qu’elle passait dans les montagnes. Finalement, je roule paisiblement et à plat juste entre les massifs, avec de beaux paysages.

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Bivouac à Shimada. Le lendemain entre Hamamatsu et Kosai. Puis deux nuits de bivouac à cent mètres du château d’Odawara. J’en profite pour le visiter. Définitivement, je n’aime pas visiter un musée/château, ici ou ailleurs. Je m’ennuie toujours! Cependant, l’architecture japonaise d’époque est magnifique. A l’extérieur il y a une exposition de bonsaïs et des samouraïs se promènent devant le musée… des samouraïs. Je passe aussi un peu de temps à la bibliothèque municipale. Ça change de chez nous, c’est plein à craquer!

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Je reprends la route direction Nagoya où j’ai réservé un hôtel capsule pour cinq nuits! Sur le chemin, je passe notamment à côté de la ville de Toyota. Voila.

J’atteins Nagoya, quatrième ville du pays par sa population (2 268 217 habitants) et troisième par sa superficie. Et en effet, c’est grand, super grand même. Je roule sur le trottoir, c’est la norme au Japon, accompagné d’autres cyclistes, de coureurs et de marcheurs, y’a du monde dans le bourg! J’arrive à l’auberge, j’ai pris cinq nuits car c’est vraiment pas cher (15 euros la nuit, au pays du soleil levant, c’est un cadeau) et que ça me fera du bien. A la réception, on me parle avec un anglais impeccable, ça fait plaisir! Je découvre même plus tard qu’une des filles parle français, elle a appris toute seule et se débrouille vraiment bien. Le Japon, toujours là pour vous surprendre! Je prends l’ascenseur pour monter à l’étage des gars et je fais mon lit. Ou plutôt, je fais ma capsule. Dans celle ci, il y a comme toujours: télé, radio réveil, lumière et prise électrique, mais aussi: un ordinateur qui se branche sur l’écran de la télé! Je file à la douche, la décoration est super chouette dans toute l’auberge. Tout les sacs à dos et bagages des clients sont laissés à l’entrée de l’étage, des cadenas sont mis à disposition pour les attacher en sécurité sur une main courante.

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Je me promène dans le centre, je passe aussi par les souterrains. C’est une véritable seconde ville qui se trouve en sous-sol, avec restaurants, boutiques, métro, gare et j’en passe, c’est impressionnant. Je visite le château:

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A l’hôtel, je rencontre deux cyclos voyageurs! Les premiers de ce chapitre japonais. Y’a Rémi, un français et Carlos, espagnol parlant parfaitement le Français pour avoir travaillé dans l’hexagone. Du coup, c’est quand même sympa de passer une soirée à plusieurs. On va acheter des bières, kanpaï!!! Carlos doit retourner le lendemain à Tokyo (en train), pour voir un avocat puis être jugé car Carlos est le plus grand criminel de tout le Japon. En effet, alors qu’il se promenait à Tokyo avec son vélo, il eu droit à un contrôle, comme moi le premier jour. Sauf que l’enquête a été plus poussée, allant jusqu’à la fouille de ses sacs. Là, la police est tombé sur… un couteau pliant, du même genre que mon opinel qui traîne aussi dans mon sac. Petit couteau pliant, arme de catégorie 180000000 au pays des katanas et pourtant l’objet indispensable pour tout voyageur-aventurier. Du coup ils l’ont quand même laissé partir mais doit donc aller face à la justice pour répondre de ses actes. Ahah. Autant vous dire qu’ensuite j’ai bien planqué mon opinel outdoor n°8 au fond de mon sac. Après avoir quitté le Japon, j’ai eu des nouvelles de Carlos: il n’a rien eu, sauf à payer son aller-retour Nagoya-Tokyo en train. L’autre gazier, bien que gentil, est le genre de p’tit gars qui m’insupporte. Il revient d’Australie, et me raconte ses entourloupes au Japon du genre frauder le taxi, voler des choses… J’imagine qu’il a fait la même chose en Australie et doit faire partie de ses personnes qui participent, par leurs comportements débiles et des vols à l’étalage, à la très mauvaise image des français dans ce pays (ils ont même inventé le terme « French Shopping »). Au Japon je trouve ça encore plus irrespectueux, dans un pays où l’honneur et le respect comptent énormément. Dans un comportement puérile, c’est profiter d’un peuple bienveillant et serviable. Heureusement que ce n’est qu’un cas à part et que le tourisme international de masse ne s’est pas développé au Japon. D’ailleurs, les rares étrangers que je vois ici sont généralement des expatriés (du style vieux garçon célibataire) et quelques couples en voyage romantique.

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Je quitte Nagoya le vendredi matin en direction de Ogaki pour rejoindre la famille Katsuno et y passer la nuit. J’ai en effet pris contact quelques jours plutôt avec Hiroki via le site Warmshowers (hébergement et aide entre cyclo-voyageur). Hiroki parle anglais donc, mais Hiroki n’est pas au Japon, il est en Israël. Il me précise que se sera la deuxième fois que ses parents accueillent quelqu’un sans sa présence. Et là dernière fois, c’était déjà avec un couple de Français! Je suis donc en route sur mon vélo, et à peine ai-je quitté la ville que mon pneu arrière se dégonfle! Inspection de la chambre à air. La rustine de papy-vélo aura tenu 12 jours. Je remets un coup de colle et je repars, sous un petit crachin qui ne va pas durer. Ma réparation non plus d’ailleurs: pshhhhhht! Je passe ainsi l’après midi à alterner démontage de pneu-pose de colle-remontage-pédalage-fuite-course à pied en poussant le vélo-démontage de pneu… jusqu’à enfin arriver à Ogaki! Il fait maintenant nuit et j’ai du retard car je tourne en rond sans réussir à trouver la maison! Il faudra que je me courbe beaucoup pour m’excuser. La courbette est importante au Japon, lire cet article: La (Julien) Courbette. Finalement je trouve, ouf, je suis au bout du rouleau! Ding dong, madame Katsuno m’ouvre la porte et en avant pour ma première soirée au sein d’une famille japonaise. La maison est grande, j’ai la chambre d’Hiroki pour moi. Je discute un peu avec mes hôtes, monsieur est dentiste et sa femme est son assistante. Elle est rigolote car pour discuter, elle tape les mots sur son téléphone afin d’avoir les traductions. Je file à la douche puis je retourne avec eux. On mange un magnifique repas ce soir là, à base de riz, de poisson et accompagné de saké s’il vous plaît. Ces gens font preuve d’une gentillesse et d’un accueil incroyable à mon égard, moi l’inconnu, l’étranger, le gaijin. C’était une belle soirée et il est temps de dormir. Le lendemain, le petit-déjeuner, bien que copieux, est très inhabituel: riz et poisson. Est-ce un rêve? Non, c’est ton assiette bonhomme, il est sept heures et il faut tout manger, héhéhé! Je fais mes sacs et je pars. Maman Katsuno m’a préparé des sandwichs pour la route! Wouuuu, cœur-cœur-émotion! Arigatô gozaimashita, sayonara!

Je me rends sur le parking du centre commercial d’à côté, car oui, mon vélo ne s’est pas réparé par magie dans la nuit. J’opère donc la roue arrière à cœur ouvert. J’enlève l’empilement de rustines de la veille, je gratte bien proprement autour de la fuite et je pose une belle rustine toute neuve et je laisse sécher un bon quart d’heure sous un beau ciel bleu. Je remonte le tout et je me remets en selle, slalomant entre de petites montagnes jusqu’à atteindre le lac Biwa. L’après midi, une moto me double, c’est le père noël! Il me fait coucou! Coucou Papa Noël!! En fin d’après midi, j’installe mon bivouac au bord du lac, à Moriyama. Je partage le beau spot avec un groupe de cinq cyclo-voyageurs japonais. Je vais au centre commercial qui se trouve à cinq-cent mètres pour faire quelques courses et manger. Le lendemain, je continue de rouler au bord du plus grand lac d’eau douce du Japon puis je grimpe de petites collines pour atteindre Kyoto, capitale du pays de 794 à 1868. Je visite quelques temples, le parc Gyoen qui abrite l’Imperial palace et je fais des repérages pour trouver où je planterai ma tente ce soir.

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Une fois de plus ça tombe sur une rivière, ma tente cachée entre celle-ci et une petite haie, au cœur d’une ville de 1,474 millions d’habitants. On est maintenant le 22 novembre et la nuit est sacrément fraîche! Au réveil, je m’active rapidement, je vais prendre mon petit déjeuner au konbini et je me dirige vers le sud de la ville pour me promener au Fushimi Inari Taisha. C’est un sanctuaire shinto fondé en 711 et dédié aux divinités de l’agriculture et plus particulièrement à la déesse du riz: Inari. Ce sanctuaire est surtout connu pour ses milliers de torii (environ dix mille) formant un chemin sur la colline sur laquelle le temple est construit. Ces torii sont pour la plupart des dons faits par des particuliers, des familles ou des entreprises à Inari. Le nom des donateurs figure souvent sur les montants du torii. Le coût d’un tel ouvrage valait en 2015 entre 175 000 et 1 320 000 yens (entre 1 400 et 10 400 euros). Du coup, au départ de la promenade, il y a beaucoup de monde et au fur et à mesure de la progression (ça grimpe) vous vous retrouvez plus tranquille. Courageux mais pas téméraire! Ça m’arrange pas mal de toute façon d’être seul au cœur de ce magnifique endroit. La vue sur la ville n’est pas mal non plus! 

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Je reprends la route direction Takatsuki où je dors chez Daniel (Anglais) et Christine (Américaine) que j’ai contacté via le réseau warmshowers, une fois de plus. Le couple m’accueuille dans leur appartement, douche, bière et repas occidental, un petit bonheur! Je quitte le lendemain mes gentils hôtes (profs d’anglais) pour atteindre la partie campagne de Kobe (qui a une façade maritime). Pour cela il me faut traverser, et surtout grimper, une belle montagne. C’est le dernier gros effort à vélo de ce périple japonais, alors je me motive. Surtout que ce soir, je pose mes sacoches chez Tomoo pour cinq nuits! Qui qui c’est Tomooooooo?! C’est un papy Japonais de 67 ans que j’avais rencontré quelques mois plus tôt à Sofia en Bulgarie lors de ma promenade à vélo. Nous étions alors dans le même dortoir d’une auberge super chouette et nous avions échangé nos contacts. Vivre le présent et préparer l’avenir, héhé. Je lui avais donc envoyé un mail à mon arrivé dans son pays pour savoir si je pouvais venir le voir et ainsi vivre une vraie expérience de vie à la japonaise. Je trouve l’appartement facilement et laisse mon biclou sur le parking à vélo, qui est plein. Tomoo me laisse le choix entre deux chambres, la occidentale ou la japonaise. J’opte pour la seconde bien sur!! Durant ces cinq jours, on papote beaucoup, je pédale beaucoup aussi, derrière Tomoo, tranquilou sur son scooter. J’en chie vraiment, dans le froid et avec une seule vitesse. Ouais, je pédale vraiment beaucoup, dans les montagnes, dans le froid, et je crie sur Tomoo qui ne m’entends pas. Mais Tomoo me prépare toujours de bons petits plats, alors je ne lui en veut pas. Et puis il m’a initié au karaté. Tomoo à pris ça retraite à 60 ans, c’est alors qu’il a commencé les voyages et le karaté. Nous sommes allés aux leçons de karaté, données par maître Uehara (Uehara Sensei), ceinture noire, cinquième dan. Trois fois deux heures. Trois fois à maltraiter mon corps et à lui faire du bien à la fois. On est équipé de plastrons, de protèges tibia/pied et poignets. Et une coquille, pour les bijoux de famille.

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Bon, Papy Tomoo, il a beau avoir 67 ans, il n’a pas de pitié avec les petits jeunes comme moi et dès la première séance, il me défonce. L’a d’la force papy! Il m’envoie une droite au niveau du cœur et je meurs, presque pour de vrai, haha. Je suis complètement KO et fatigué de partout, je n’avais jamais été frappé de toute ma vie, alors oui, ça fait bizarre. Le coup fatale de Tomoo sur mon cœur, je vais en sentir la douleur pendant trois semaines, ne pouvant même pas me coucher sur le côté gauche et ayant du mal à me relever d’une position allonger. C’est le métier qui rentre. C’est aussi pour ça que je hurle sur Tomoo quand il est sur son scooter et moi derrière sur ma pauvre bicyclette. SALAUUUUUUUUUD! Mais c’est affectif quand même. Je m’y attache à mon papy japonais. Et puis au karaté il y a quelques adultes et puis des kids aussi. Avec le maître, ça forme une magnifique famille aux petits soins avec moi. Je dois même faire une mini conférence devant eux, ma première! Tomoo fait l’interprète et je suis très mauvais à l’exercice car je ne m’y attendais pas et que je n’ai rien préparé! Je fais mieux la deuxième fois, pour la dernière séance. Une des adultes me pose des pansements en forme de croix sur mon plastron au niveau de ma douleur pour alerter mes adversaires de ne pas frapper là. Trop chou! Les kids m’offrent des bonbons pour l’anniversaire de l’un d’eux. Le maître me prend en photo, Tomoo m’explique qu’il est honoré d’avoir un étranger à ses cours. En réalité tout l’honneur est pour moi, de pouvoir vivre tout ça, c’est grand. Je dis au revoir à mes nouveaux compagnons de combat avec la grande envie de revenir un jour les revoir. Dans la semaine on visite aussi une usine-brasserie d’un des gros fabricants de bières japonaises: Kirin! La visite est sympa et on boit de la bière (seulement deux canettes autorisées) gratuitement. Tomoo-les-bons-plans! On retourne une journée à Kyoto aussi. On prends le train et on visite de magnifiques temples. On fait une pause dans l’un d’eux pour une dégustation de thé matcha juste trop bon!

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Le dernier matin avec Tomoo, on participe au nettoyage de quartier. En voila une initiative qui fait plaisir à voir et où tu te dis: « ça, c’est bien japonais et je le verrai qu’ici ». En gros, une fois par moi, les volontaires du quartier se réunissent pour un petit (mais efficace) nettoyage des environs le dimanche matin. Les outils, les gants et les sacs poubelles sont fournis. C’est aussi une manière sympa de rencontrer et de discuter avec ses voisins. On va rendre le matériel et les sacs vers midi. En récompense de notre contribution on a le droit à une boisson! Après l’effort, le réconfort, je prends une boisson gazeuse pour la route de cet après-midi. On retourne à l’appartement, je fais mes sacs et Tomoo m’accompagne jusqu’à mon vélo. On se dit au revoir, avec beaucoup d’émotions. Mon papy a les yeux qui brillent, je pars. On se reverra, sur de sur, j’ai de la famille au Japon maintenant.

J’enfourche le biclou, une petite montée et une longue descente en direction d’Osaka pour trois nuits en auberge avant de changer de continent. Évidement, arrivé dans la vallée, ma rustine à l’arrière me lâche! Durée de vie: dix jours. J’en recolle une et let’s go. A Osaka, je passe devant l’un des quartiers dangereux selon Tomoo (et les Japonais), mais du coup c’est très japonais justement et je n’ai pas grand chose à craindre: des sans-abris vivent sous les axes routiers aériens, qui passent au dessus de la ville, et ne demandent rien. Je me présente au Osaka Backpackers Toyo, quelques centaines de mètres plus loin. L’accueil se fait dans un bon anglais et on me donne la clé de ma chambre. Je n’avais pas fais vraiment attention lors de la réservation sur internet si ça allait être une capsule ou un dortoir mais finalement j’ai une vraie petite chambre rien que pour moi et c’est plutôt cool! Le futon, l’étagère et la télé. Le minimalisme à la japonaise. Les douches et toilettes sont modernes et biens décorés. Il y a aussi la partie commune: un salon/salle de jeux et une cuisine avec pour décoration les messages des visiteurs sur les murs. Très bonne ambiance générale, l’endroit me plait pas mal! Il y a quelques Français aussi, du genre expatrié-célibataire-vieux garçon dont je parlais plus haut. Mais je joue à l’étranger et ne dis pas un mot: « je comprends tout ce que vous dites mais vous ne le saurez pas ». J’adore. Sinon durant ces quelques jours, je me promène dans Osaka, je vais au bain en commun de l’hôtel d’à côté (gratuit pour les clients de mon auberge), je visite le château et je fais de nouvelles découvertes culinaires. Notamment des okonomiyaki: «  genre de crêpe à base de choux principalement, avec des ingrédients variés (fruits de mer, légumes etc…) et recouverte de sauce mayo et sauce okonomi. On peut en manger dans des restaurants spécialisés où ils sont préparés sur une grande table de cuisson, sous vos yeux. » et aussi la spécialité d’Osaka: les takoyaki, des boulettes faites de pâte à crêpe avec des morceaux de poulpe à l’intérieur. Plutôt pas dégueulasse, mais j’en ai pris huit, ça faisait beaucoup, haha. A l’hostel, je prépare aussi la suite de l’aventure: l’Amérique du sud.

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Mon dernier jour au Japon, le 2 décembre, je quitte l’auberge. Ah oui, la roue est crevée. Je gonfle et j’avance comme je peux en mettant tout mon poids sur l’avant du vélo. Je le gare sur le parking à vélo face au terminal de bus. Je prends bien soin d’enlever l’immatriculation pour que mes amis de Tokyo ne soient pas embêter par la police (Allô?! votre vélo est abandonné à Osaka, c’est normal?!). Je prends le bus et on vole au dessus des villes jusqu’à l’aéroport situé sur une île.

Vous me direz, j’étais déjà sur une île. J’ai pas mal de temps à passer au terminal. De quoi repenser à ce beau pays que je viens de découvrir. Et j’en ai vu si peux. Micro-conclusion: la bouffe est extra, les japonais sont toujours bien habillés, tout est esthétique et harmonieux à l’image des jardins japonais et des temples, exception faite pour les quartiers des grandes villes remplis de néons où la crise d’épilepsie n’est jamais trop loin (notamment quand vous regardez à l’intérieur d’une des nombreuses salles de jeux vidéos). Le Japon n’est pas un pays si cher qu’on le croit, l’hébergement et le transport le sont, pour le reste ça va. C’est pour ça aussi que c’est un pays formidable pour le voyage à vélo. Les conducteurs sont prudents, peut-être trop: en trois jours j’ai vu trois accidents en ville. Parler anglais ne sert pas à grand chose, dessiner des mangas sûrement plus. Les combats de sumo à la télé peuvent vous manger toute votre soirée, c’est hypnotique je vous dis. Je pourrais en dire beaucoup plus sur le Japon, mais il vous faudrait une deuxième journée pour lire cet article. Juste un truc, si vous croisez beaucoup de Japonais, c’est que vous êtes soit, 1: à Paris, 2: au Mont St-Michel. Mais à cet instant, il y en a aussi tout autour de moi, dégageant cette classe incroyable tandis que je me dirige vers le guichet. Ça prends du temps car il faut imprimer mes trois billets car j’aurai trois vols différents et plus de vingt-cinq heures dans les airs pour atteindre ma destination: La Patagonie. Le sac à dos est pesé à onze kilogrammes.

Faites tournez le globe, en avant pour les Amériques!!

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Indonésie

Me voici dans l’avion, un airbus a380 je crois, de la Qatar Airways, en direction de Doha au Qatar où il faudra changer d’appareil pour finalement atterir à Jakarta en Indonésie.

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A l’intérieur, c’est top confort. Le repas est industriel mais mangeable. Je regarde un film, « the grand budapest hotel » que je trouve sans plus par rapport aux autres Wes Anderson. Petite sieste. On survole Doha. Dans la nuit elle brille de mille feux. Chaque mètre carré de béton semble éclairé. Artistiquement et vu du ciel c’est joli mais ça reste de la pollution lumineuse et un grand gaspillage énergétique. Quand on s’appelle Qatar… Dans le salon d’attente pour le vol suivant, je fais la rencontre de Day, un garçon de 20 ans, Indo-autrichien vivant et étudiant entre Munich (Allemagne) et Jogjakarta (Indonésie). On s’échange nos adresses mail, sait-on jamais, ça pourrait bien être sur ma route. A vrai dire à cet instant je n’ai pas vraiment de plan, juste traverser l’île de Java d’ouest en est puis rejoindre Bali et pourquoi pas Lombok si j’ai le temps.
Dans le nouvel avion, je regarde la famille Bélier, pas trop mal pour une comédie française. Et encore un petit somme.

JAKARTA

Mon premier visa de tamponné sur mon passeport, youhou! Je peux rester trente jours sur le territoire. Évidemment le tampon a mal imprimé la date du jour alors je garde mon billet d’avion au cas où, pour le moment où il faudra quitter le pays. Au retrait des bagages il y a déjà pleins de locaux prêts à vous porter vos valises, et j’entends aussi les « taxi?! » qui me suivront pendant 29 jours. Je patiente avec Day et une Brézilienne. Le sac arrive, en avant! Je passe mon sac sous un nouveau scanner et je donne à l’agent le papier qu’il fallait remplir dans l’avion qui nous prevenait de l’existence de deux maladies grave en Indonésie et qui nous demandait si l’on n’avait pas tel ou tel symptôme. Tu rajoute à ça la malaria (paludisme), ça rassure.
Je change mes euros et je retire des roupies. Un euro vaut environ 15000 roupies indonésienne. Pour la première (et surement dernière) fois de ma vie, je suis millionaire.
A la sortie, on me saute dessus pour me demander: « transport?!, taxi?!, where you going?! ». J’ai préparé le truc, je sais qu’il faut que je prenne un bus alors je demande simplement où se trouve le terminal. Il fait chaud mais ce n’est pas aussi humide que ce à quoi je m’attendais. Je prends mon ticket et attends le bus. C’est une vrai kermesse, ça braille dans tous les sens. Je monte dans l’autocar, chauffeur clope au bec. Let’s go. On roule à gauche par ici. On est en fin d’après-midi et le soleil se couche déjà, ça me surprend. Le conducteur se marre bien, entre une cigarette et un coup de téléphone il blague avec ses collègues et il klaxonne. Bon sang ce qu’il aime ça! Il a du avoir mention très bien au bac chaffeur à la cool option avertisseur sonore. Dans cette bonne humeur générale, je suis serein. Je repère mon arrêt, stop here! Je suis à Kota Tua, le vieux quartier de Jakarta. Et il me faut trouver mon hostel dans la nuit noir, la pollution et le bruit. Coucou le gros rat! Je dois m’initier au sport national: traverser une quatre voies en slalomant entre les véhicules car il n’y a pas de feux et encore moins de passage piéton. Je verrai par la suite que le statut de piéton n’éxiste pas puisque tout le monde se déplace en scooter ou sur des 125cc. Donc si quelqu’un marche sur le trottoir (ou ce qu’il en reste), il y a de grandes probabilités pour que se soit un touriste.

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Je trouve mon auberge, petit paradis perdu au milieu du chaos. Le dortoir ressemble aux capsules hôtels qu’on trouve au Japon, en plus sympa, le bois remplassant le plastique et en plus grand. Je vais me promener avec une hollandaise. On ne passe pas inapercu, elle fait presque ma taille, blonde aux yeux bleux, un vrai contraste avec les locaux. On regarde un super concert de rue plein d’ambiance, tout le monde danse. Je decouvre un instrument formidable: le Angklung.

On mange sur le pouce de la street food: il y a pleins de mamas tous les dix metres, assisent sur le sol, qui vous font un repas avec du riz et des choses dont vous ne savez pas trop ce que c’est. Clairement, sur l’echelle de l’hygiene alimentaire, norme francaise, on est en alerte rouge. Alerte! Alerte! Alerte! Bon, dans un coin de « l’assiette », y’a un peu de sauce. Innocement, je mélange avec le riz. Et innocement je me transforme en dragon. Comme Spyro (playstation 1) je crache du feu. Wouhou ça fait transpirer! Dans l’hostel, et dans les suivants, il y a une fontaine à eau car l’eau du robinet n’est pas potable en Indonesie. Le lendemain je vais acheter du spray anti-moustique, indispensable. Je me promène dans les alentours et je suis pris de nombreuses fois en photo par les jeunes étudiants.

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On me pose des questions dans un questionaire pour l’école. C’est rigolo de les entendre donner le meilleur d’eux mêmes pour s’exprimer en anglais. Apres deux nuits il est temps de quitter la deuxieme plus grande agglomération du monde. Je prends un taxi, même pas besoin de négocier car le chauffeur me propose le prix que je voulais. Direction la gare ou je prends un ticket première classe (une difference de seulement trois euros environs par rapport a la seconde) pour Bandung. Ça change de la SNCF: j’ai de la place pour mes jambes, yes! Par la fenêtre, les paysages défilent, entre rizieres et forêt de bambou. Parfois il y a des habitations, des villages entiers, construits à même pas un mètre de part et d’autre des rails!

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BANDUNG

La troisieme ville du pays culmine à 768m. L’auberge est toute neuve! Tout beau, tout propre. Le staff est jeune et bien sympathique. Je suis tout seul dans mon dortoir et on est seulement trois voyageurs dans tout le bâtiment cette nuit la. Il y a une hollandaise (ils sont partout!) et un italien prof de plongée sur une des iles Gilis à l’est de Bali. Je cours dans les montagnes, je me promène dans les rues, l’air est moyennement respirable.

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Je visite aussi le musée de la geologie, assez interessant, il faut normalement environ 45 minutes pour en faire le tour. Ça m’a prit 1h30 car il y avait des classes en visite pédagogique et tous les élèves en uniformes voulaient une photo avec le grand blanc occidental. J’ai du me retrouver sur les pages facebook de bon nombre d’Indonesiens! Un repas dans les stands de bouffe sur roulettes me revient a moins d’un euro et me remplit comme il faut. A l’hostel, le petit déjeuner est inclus. C’est du riz et un oeuf, allez hop! Du riz normal, parce que sinon en Indonesie, tout est frit: riz, nouille, poulet, oeufs, légumes, tout y passe. Autant vous dire que ça lasse rapidement, surtout pour un francais. Je prends de nouveau le train pour quitter la ville en compagnie de la hollandaise.

YOGYAKARTA

A la gare, je retrouve Day que j’avais prévenu quelques jours  plus tôt de mon passage par sa ville. On embarque sur sa moto, me voici comme un local! Il me dépose à mon auberge, on se retrouvera dans la soiree. L’endroit où je vais passer quelques nuits est super zen. Il y a eu un problème dans les réservations. Donc pour la premiere nuit, au lieu du dortoir j’ai une grande chambre double pour moi tout seul!

lit double

J’en profite pas trop: je dois me lever vers quatre heures car avec Day, on doit aller faire les visites des temples. Finalement mon nouvel ami oublie de se lever et on part avec du retard, tant pis pour le lever de soleil sur le Borobudur, haha! Faut rouler un moment, toujours a moto, pour y arriver. Sur place, y’a un guichet de paiment pour les locaux et un pour les étrangers. Quasiment trois fois plus cher. Mais ça vaut le coup, le temple est magnifique, un petit bijou de construction. Une fois de plus je suis réquisitionné pour être pris en photo. Je sors toujours quelques mots d’indonésien, ce qui suscite la surprise de mes interlocuteurs. Il y a aussi un petit musée sans queue ni tête, remplit de bizarreries. On revient ensuite vers la ville pour faire le temple du Prembanan que je trouve moins intéressant.

yogya boro face

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yogya borobudur
davinci

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En plus on y arrive vers midi, il fait une chaleur de fifou. Après-midi sieste. On se retrouve le soir pour une tite bouffe au restau (avec des portions indonésienne) puis promenade dans la rue principale et animée de Malioboro. Le lendemain on fait un tour au volcan Merapi, c’est une visite en jeep sur les traces des différentes éruptions. Le chauffeur est complètement dingue ce qui rend la visite amusante et mouvementée.

scooter

clip

moi merapi strahd

jeep

withDay

Le dernier jour on va au cinéma voir le film Everest. Encore mieux que de la 3D, on se croit vraiment en montagne tellement la clim’ fonctionne a plein regime. Je pars le lendemain, je dis au revoir a mon nouveau copain. Un grand merci surtout. A coup sur qu’on se reverra, France, Allemagne, on est voisin.

SURABAYA

Bon clairement, il n’a aucune raison particulière pour rester quelques jours dans la deuxieme ville du pays. Mais ça evite un voyage trop long pour atteindre l’est de l’ile. Il fait super chaud. Je me fais couper les cheveux pour 0.70 euros. La guest house (chambres d’hotes) est bien mais sans plus, nouilles sautées et oeuf offert au breakfast. Le proprio nous emmène, un americain, un allemand et voit voir le délire d’un riche bonhomme de Surabaya: un peu comme MJ, il a construit un grand parc d’attraction au bord de la mer. On peut entrer mais tout est fermé depuis des annees. Seul le temple qui brûle toujours des encens et les shops de snacks et boissons donnent un peu de vie a l’endroit.

surabaya temle

templevide

surabaya budda

surabaya sea

Autour du lieu, il y a des quartiers résidentiels énormes et des canaux construits de toute piece. Une facette bien artificielle contrastant avec la realite dans laquelle vivent la majorité des indonésiens. Pour quitter la ville, j’opte cette fois ci pour le bus car il n’y a pas de train qui va la où je dois aller. Je decouvre encore un nouvel univers: le terminal de bus indonésien. La kermesse. Celui ci est divisé en deux parties, tout le monde vous demande où vous allez. Au final heureusement parce que sinon il y a de quoi se perdre tellement il y a de bus. Je trouve le mien et je monte. Et là attention, ah ah! ah la queue leu leu! Un défilé de vendeurs de cacahuètes, de boissons, de riz, de lunettes de soleil, des joueurs de guitares, tout y passe. Ils montent à l’avant et ressortent par l’arriere. Tout ça pendant au moins dix minutes, jusqu’à ce que le bus prenne le depart.

BONDOWOSO

La route passe bien plus vite que prévu. J’arrive donc tôt dans l’après-midi au petit terminal de bus. J’envoi comme prévu un sms au propriétaire de la guest house ooùu je vais rester quelques jours. Il y a un néo zélandais qui descend aussi du bus, il part à la recherche d’une auberge. Sam le proprietaire et Andrew son complice arrive rapidement. On fait les présentations et j’embarque dans la grosse voiture. Sam est policier, il travail dans les bureaux, tranquilou bilou. Le soir en guise de bienvenu, avec les autres arrivants, nous avons droit a un, voir même plusieurs, verre d’arak, le sake indonésien. Dans le frigo il y a aussi des bouteilles de bieres. Normalement l’alcool est interdit sur l’ile de Java, à majorité musulmane. Mais quand on est fonctionnaire de l’État dans ce pays… Par sa population, l’Indonésie est le plus grand pays musulman du monde. L’auberge est cernée de toute part de mosquées qui commencent leur brouhaha des 4h30. Les asiatiques sont des leve-tot. Mais vraiment, c’est une religion foutrement bruyante. Pourquoi on a inventé les amplis?!! J’ai une chambre pour moi moi tout seul, un petit déjeuner toujours composé de nouilles et d’un oeuf et la ville est sympatique car petite et donc plus vivable, moins polluée. Je rencontre une américaine à l’auberge, elle vient de Vail dans le Colorado. On se fait un petit resto. Je vais courir, je m’éloigne dans la campagne, entre les rizières et les champs de cannes a sucre. Les gens se lavent dans les rivières. Si je fais ca, je suis sur d’attraper tout de suite une maladie!

bondo canal

bondo coco

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Un francais arrive a la guest house. Nicolas, incroyable voyageur partit de France il y a plus d’un an sans jamais utiliser l’avion. Son parcours est merveilleux, rempli de belles rencontres et d’aventures. On va dans un petit resto conseillé par Sam. J’y passerai tous mes repas suivant, la mama est super gentil, elle s’exerce à l’anglais au fur et a mesure du passage des étrangers. La nourriture est top, Nasi Campur (riz et nouille frits, omelette et légumes accompagnés d’un ice tea maison. Un regal! Avec Nicolas, on loue le lendemain une moto à un ami de Sam, je pense pas qu’on est assuré ou quoi, un plan à l’indonésienne, hehe. L’objectif: rejoindre le pied du volcan Kawah Ijen, y dormir la nuit et commencer l’ascension dès l’ouverture. Du coup avec nos grands sacs de rando et à deux sur l’engin, ça se transforme en une véritable expédition. Les amortisseurs sont morts, du coup ça tape les fesses à la moindre bosse et les routes sont loin d’être lisses. C’est mon accolyte qui conduit car il a de l’expérience sur moto… automatique. Nous en avons une manuelle, les débuts sont donc, tres énergiques, faut s’accrocher!

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On met trois heures pour atteindre le « camp de base ». Il a fallu rouler de nuit et passer par des checkpoints pour s’enregistrer car nous sommes dans une zone volcanique très active. Dans leur baraque, les contrôleurs essaient au passage de nous soutirer quelques roupies. Mais je ne suis pas le bon client, il n’auront rien. Leur technique est fouine, comme il ne parle pas trop anglais, il pose un billet près du carnet d’enregistrement et il vous le montre du doigt. Filouuuuu! Bref on arrive vivant et soulagé sur une grande place où il y a deja beaucoup d’indonésiens, de rires, de musique, de joies et de tentes. On est samedi. On monte le campement et on se couche de bonheur. Réveil à trois heures trente, on paye le ticket d’entrée, toujours au tarif touriste et on commence l’ascension à quatre heures. C’est vraiment simple, il suffit de suivre le chemin sablonneux et de doubler les gens. Il y a des vieux, des jeunes, des vraiment très jeunes et même des personnes qui grimpe en sandale. On a commencé a la frontale mais on les éteint rapidement. On atteint le haut du cratère en environ cinquante-cinq minutes. C’est beau! Et ça souffle! Au fond du cratère il y a un magnifique lac bleu turquoise qui serait l’un des plus acide au monde.

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ijen souffre

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Je découvre aussi un truc que j’avais vu à la télé: des mineurs descendent dans le fond et remonte deux fois dans la journée pour gagner de l’argent en revendant des blocs de souffre énorme qu’ils doivent porter sur les épaules. Les conditions de travail sont épouvantables: charges lourdes, matériel de transport préhistorique, il faut zigzager entre les touristes, essayer au passage de leur vendre un petit cailloux jaune, lutter contre le vent, le froid ou le chaud, soit en bottes trouées ou en sandale, la barre sur les épaules déforme les corps musclés. Voici un petit article qui vous en apprendra un peu plus: La mine du Kawah Ijen

Après avoir passé un long moment au sommet on redescend tranquillement. On refait les sacs, un coup (voir plusieurs) de kick, vroum vroum, retour à l’auberge. C’est plus simple dans ce sens, surtout de jour, mais on manque de peu de tomber dans le ravin. De l’aventure… Vers midi on arrive vivants et transpirants. Douche, sièste et déjeuner dans mon repaire. La patronne n’arrête pas de me demander tous les jours si j’ai une copine ou si je n’en cherche pas une en Indonésie. Je soupçonne la mama d’avoir secrètement des vues sur moi, hahaha! Je reste glander une dernière journée et je file.

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Changement d’île, direction Bali! Évidemment dans le bus c’est toujours la même kermesse, bazar ambulant et prix à la hausse pour les touristes. L’autocar embarque sur un bateau et de l’autre côté il faut de nouveau présenter ses papiers.

KUTA

À Mengwi je dois cette fois prendre un taxi qui me dépose juste devant mon hostel à Legian. Pfiouuu, une longue journée ! L’endroit est tout moderne et propre. Je suis dans un quartier de la ville de Kuta, l’endroit le plus touristique du pays. Et surtout une grande majorité d’ Australiens qui viennent en Indonésie comme on irait au supermarché. Facile de les reconnaître avec leurs corps gonflés, leurs chevelures du surfeur de base, leurs démarches « c’est moi le boss (fils à papa!) » et surtout: ils portent tous un débardeur Bintang, la Kronenbourg du pays. À la limite si ils le portaient chez eux, aux quatres coins de la grande Australie, ils seraient presque originaux, mais là, ils le portent tous, tout de suite. Bon sinon à part se moquer d’eux y’a pas grand chose à faire. Je cours parfois et je reste à l’auberge l’après-midi car je ne supporte vraiment pas la chaleur. Je me mets au surf aussi! Le premier jour, un vrai succès. Je tombe dans la vague, au take-off pour faire bien, et j’écrase mes côtés contre les ailerons. Plus tard, j’attends la vague, à la Brice de Nice (Alan à Legian), une onde passe sous la planche, ma main à moitié posée dessus, la board se lève à la verticale et la phalange de mon pouce se retourne à 90°, dans le mauvais sens. Heureusement elle se remet d’elle-même à l’endroit. Gros pouce tout bleu, une entorse sûrement ! Bref, je continue ma session et je rentre. Y’a pas une seconde qui passe dans la rue sans être alpagué: taxi, drogues, massages, shopping et sexe, tout y passe. Je quitte le nid à touristes pour rejoindre une ville en campagne dont on m’a dit beaucoup de bien.

UBUD

A bord d un mini bus remplit essentiellement d’étrangers, nous prenons la direction de Ubud, un peu plus dans les terres, au beau milieu des rizières. C’est une ville très peace, love et yoga. L’auberge est super loin du centre, je marche un long moment sous le soleil de midi. L’île de Bali est à majorité Hindouiste, il y a des petites offrandes avec des encens tout au long de la route et les gens sont habillés différemment. L’hostel est jolie, mais quand tu vois des lits superposés à trois étages dans le dortoir, ça sent un peu l’usine! Il y a deux petites piscines à l’extérieur, c’est fort agréable ! Ce qui l’est moins, c’est de devoir payer pour la première fois l’eau de la fontaine, wowowoh! (L’eau du robinet n’est pas potable en Indonésie). Je me baigne un peu dans le bassin avec vue sur les rizières puis je prends une douche.

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Je rencontre Natacha et Emily, deux françaises sympathiques en voyage dans le sud est asiatique. Le lendemain, je descends dans le bourg pour aller visiter la forêt des singes. Ils sont trop choupiii!

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singe

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Ensuite je vais faire des courses. En sortant du supermarché, je croise deux filles qui étaient dans le même bus la veille. Le contact en voyage est vraiment facile, un peu comme quand on était gamins: « bonjour, tu veux être mon copain? -oui d’accord! » Du coup, en deux minutes je m’embarque pour une randonnée jusqu’aux rizières avec les canadiennes Carah et Catherine. On rigole bien et les paysages sont magnifiques, on descend au bord d’une rivière où l’on se rafraîchit un moment.

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On repart en direction de la ville et on va manger au restaurant avant de se séparer. Je remonte vers l’auberge, je tends le pouce et un californien m’embarque à l’arrière de son scooter. Piscine, douche, soleil, la vie est dure. Le soir, je vais au resto d’à coté avec Natacha, Emily et une espagnole. À l’auberge, il y a toujours des indonésiens qui jouent de la musique dans la salle à manger. L’ambiance est superbe. Le lendemain je vais juste faire un tour dans le centre puis je reviens profiter une dernière fois de la piscine. Le soir, le patron nous emmène dans son restaurant. Je dois vous parler du boss parce que c’est assez fou. D’abord il n’a pas l’allure d’un chef, juste un balinais typique, à longue tignasse, en short et tongues, avec du bagou et une passion pour la drague. Comme tous les indonésiens, il sait jouer de la guitare. Il possède donc l’auberge, le restaurant grande classe où il nous emmène, et bien d’autres hôtels et restaurants dans le pays et ailleurs dans le monde. Son copain qui le suit partout est en fait son garde du corps. Fiouu, impressionnant, surtout quand vous voyez le bonhomme. Au resto il nous fait quasiment du moitié prix, ce qui est bien gentil car c’est quand même un établissement plutôt chic. Retour à l’auberge, je reste un peu au coin musique puis dodo. Le lendemain matin, un allemand me prend sur son scooter jusqu’au centre. Je fais quelques courses et je monte dans le bus direction Kuta pour mes derniers jours en Indonésie.

KUTA

Retour dans le même hostel que la semaine précédente. Je retrouve mes taxis et vendeurs de rue tant adoré!! Je retrouve aussi des personnes qui étaient déjà à l’auberge avant, elles n’ont pas bougé! Ahah!

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Durant ces quelques jours, je vois Caroline, une copine d’Olivia, et ses amies Karine et Camille. Je les rejoins un soir dans un grand bar restaurant de bord de mer. Bien classe, avec piscine itou itou! Ça me fait bizarre d’être dans ce genre d’endroit. Les filles sont en vacances pour deux semaines, je voyage pour quinze mois, la différence de budget se fait sentir, héhé! On passe un chouette moment et évidemment on se baigne. Bon, l’eau est chelou, un mix d’eau de mer et de chlore. Moins chelou que lorsque j’ai marché pour venir. Je suis passé par la plage, marchant dans l’eau, il fallait parfois passer par des petites rivières déversants l’eau de la ville. Tout d’un coup l’eau devenait alors tiède. Surtout ne pas penser d’où ça vient, ne pas y penser – ne pas y penser – ne pas y penser.. Trop tard. Retour à l’auberge, sous la douce protection de la lune. Je revois les filles le lendemain soir, au bar, pour leur dernière nuit en Indonésie. L’avant dernière pour moi. Je les raccompagne à l’hôtel. C’était sympa de finir ce mois en bonne compagnie. À mon tour de faire mon sac. Je rejoins l’aéroport à pied, sous le même soleil que j’ai eu trente jour durant. Prochaine destination: le Japon. Je quitte le pays avec un avis mitigé.

Je pensais l’Albanie polluée, sale… Mais en arrivant en Indonésie, je me suis rapidement dit que nan, c’était très propre. Le densité de population est énorme. Une fois de plus, les supermarchés distribuent systématiquement des sacs plastiques qui finissent dans la rue, dans les fossés, les rivières et la mer. Il n’existe pas de traitement des déchets. La corruption n’aide pas à y changer grand chose. Souvent je m’imagine essayer de changer les choses, d’ouvrir les yeux aux gens, de leur faire comprendre. Mais moi, européen, occidental, en ai-je vraiment le droit? Non. Je peux seulement souhaiter que les nouvelles générations se rendent compte de tout ça et fassent bouger les choses. Et comme pour tout, cela passera forcément par l’éducation. L’Indonésie à un potentiel énorme. Mais le harcèlement des locaux pour vendre tout et n’importe quoi finira par faire fuir les touristes pour d’autres destinations d’Asie du sud-est. Sauf les australiens. Les paysages sont magnifiques et les habitants d’une grande gentillesse. J’obtenais toujours un sourire à mes bonjours, une demande pour être pris en photo, une tape dans la main avec les kids… J’aimerais pouvoir voyager sans qu’il y ait ce rapport à la couleur de peau, passer ni vu ni connu, comme un local. Pas chose simple, on pourrait peut-être commencer par montrer l’exemple en France. Niveau culinaire, ça doit être le pays d’Asie du sud-est le moins ouf! C’est pas très varié, tout est frit, un peu épicé. Et les conditions d’hygiène ne sont pas du tout les mêmes que chez nous. Cela dit, je ne suis pas tombé malade une seule fois. Je n’ai pas non plus pris de traitement antipaludique. Le spray anti-moustiques semble avoir fait l’affaire. Ce qui est bien dans le fait de rester un mois dans un pays, c’est d’apprendre quelques rudiments de la langue. Les interactions deviennent tout de suite plus intéressantes, avec souvent de bons moments de rigolades à la clé.

Je remercie Day pour avoir été un super guide, et maintenant un ami, à Yogyakarta. Tout le crew de l’auberge de Bondowoso: Sam, Andrew et leurs amis, ainsi que Nicolas avec qui j’ai vécu une aventure épique pour rejoindre et revenir du splendide Kawa Ijen. Carah et Catherine les canadiennes et Natacha et Emily à Ubud et les petits singes trop mignons. Caroline, Karine et Camille pour avoir rendu Kuta plus sympathique ! Et évidemment les indonésiens qui m’auront jugé d’égal à égal,qu’importe d’où je viens et qu’importe ma religion.

Peace, love et Nasi Goreng!

Terima Kasih!

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La parenthèse attendue

Entre la fin de mon tour d’Europe à vélo et le départ pour voir un petit peu plus de ce monde, je suis resté une dizaine de jours à la maison, pour voir mon monde à moi. Je n’ai pas vraiment eu de moment de répis et il a fallu en permanence bouger à droite et à gauche, activer la dynamo pour recharger mes batteries. Et puis il fallait repartir parce que c’était écrit ainsi, et sur le papier, et dans la tête. Comme le jour du départ à vélo, je boucle mon sac à dos à la dernière minute, demandant même à papa de passer à l’étau mes sardines tordues (merci papa!), en ayant toujours l’impression d’oublier quelque chose. Je n’arriverai donc jamais à partir à l’aventure sans être dans le rush au moment où il faut y aller. Ça doit faire parti du truc.

Je dis au revoir à maman, qui part au travail, rapidement car il ne faut pas éterniser ces moments difficiles. Les quatre mois et demi de vélo m’ont rendu plus sensible qu’auparavant. Je monte dans la voiture avec papa et ma soeur, direction la gare. Je vérifie une dernière fois mes affaires, tout semble ok. Nous voila sur le quai à Lorient, Clara, une amie, nous rejoint. 12h29, le train arrive, l’émotion aussi. Des bisous, des mots et il faut grimper dans le wagon. A l’année prochaine!

En avant pour Paris où je vais rester trois jours avant de décoller pour l’Indonésie.
Nolwen m’accueille à mon arrivée à Montparnasse. Content de la revoir, on rejoint son appart quelques centaines de mètres plus loin. Je passe deux chouettes journées en compagnie de Nono et Jérémie. Visite de la capitale, bar, crèperie, musée des arts et de la mode, Notre-Dame de Paris, les quais, le métro, Montmartre… Merci les ptits loups. 🙂

Puis je déménage pour passer la dernière nuit au royaume du post-it, la collocation de Jéhanne et trois autres troubadours. On sort et on retrouve Anne, on va au bar et on mange un tas de bonbons! Jonas, frère de Jéhanne et copain de longue date (merci pour tout ce que tu m’as apporté, en culture musicale, en ouverture d’esprit, en réflexion sur le monde et sur soi et j’en passe), nous rejoint. Un plaisir de retrouver mes petits expatriés bretons que je n’avais pas vu depuis longtemps. Retour à l’appart’, bières sous le coude. Apéro et délicieux repas concocté par Jéhanne, qui a trouvé de l’énergie je-n’-sais-où après un jet lag de retour du Pérou la veille et avoir travaillé le jour même. Chapeau!

Le lendemain, Jojo m’accompagne jusqu’au supermarché puis s’en va vers de nouveaux horizons. Je file vers les miens. Métro, TER, et me voici à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, deux ans après mon premier voyage à l’étranger en Islande. Présentation du billet d’avion, sac pesé à 12 kilos, pas mal du tout, remise du boarding pass et embarquement immédiat.

Kenavo la France, à dans dix mois!

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Europe à vélo: Remerciements

Merci,

À tous ceux qui étaient présents le jour du départ, vous m’avez donné l’énergie nécessaire pour affronter ma première après-midi sur le vélo et sous la pluie. La rupture, le moment le plus difficile de toute l’aventure. À Carole, Nicolas, Julien, Vincent et Thomas pour le premier soir en bonne compagnie autour d’un verre. À Laetitia pour ma première nuit autour du monde, un clic clac et une douche chaude sont toujours les bienvenus ainsi que le petit déjeuner! À Marjorie et Alex (ainsi que Valentin, Lucille, Simon et Enora) à Nantes (nord) pour l’abri après une journée de pluie et pour l’apéro! À Claire à Nantes (sud) pour les parties de fléchettes endiablées au bar, le théâtre d’improvisation et tout et tout. À ces inconnus roulants sur les bords de la Loire, à Jørg, l’allemand que j’aurais croisé quatre jours de suite sur le fleuve. Aux warmshowers de Besançon, votre collocation est énorme et votre ville sympathique. A Hera Van Wilick qui y était accueillie comme moi, mais après plus d’un an à vélo sur les routes de l’Eurasie, merci pour les frites au four et l’interprétation de « Je suis malade », version Lara Fabian. À Annie et Christian, warmshowers de Pontarlier, après avoir perdu plus de 25 degrés en trois jours et roulé sous une pluie glacée, vous m’avez sauvé de l’hypothermie. Votre hospitalité et votre générosité mon boosté au maximum avant de quitter la France. À Leah et Loïc pour mon premier soir en Suisse, autour d’un barbecue, d’une pinte et Neuch’ by night. À Claudia pour la visite de Berne à pied et à vélo et pour la meilleure pizza de toute ma vie! À ce papy viticulteur au bord du lac Léman et ses dégustations de vin blanc. À Céline pour ces quatre jours de repos dans les french alps que tu partages avec passion à travers tes magnifiques photo (www.celineducrettet.com). À Anita et Jean-Pierre, camping-caristes au camping de Ferrara en Italie, pour avoir pu recharger mes batteries et pour avoir veillé sur mes affaires contre les attaques des oiseaux. À Anne-Marie et son mari pour s’être arrêté en haut de cette côte interminable à la sortie de Trieste. L’eau pétillante, y’a rien de tel! À James, mon frère de guidon anglais, pour ces onze jours magnifiques en ta compagnie, tu m’en a appris tellement, je te dois énormément et j’ai très hate de vous revoir, toi et ta bonne humeur! Rouler avec toi de la Croatie à l’Albanie est l’un des meilleurs chapitres de cette histoire. À ces enfants qui n’ont rien mais qui donnent tout, au Monténégro. À Christine, rencontré au Backpackers Hostel de Tiranë en Albanie, pour toute l’énergie que tu emploies à rendre le monde meilleur. À Denitsa, première warmshowers qui propose… une douche froide, en Bulgarie, haha! À Gautier et Olivia, pour vos mails que j’ai pu lire exactement au moment où il fallait pour me donner une motivation énorme lors d’une journée qui allait être très difficile. À Irène et Tom, couple de belges (une fois), pour leur compagnie a l’auberge et au festival de Jazz de Timisoara en Roumanie. À Carmen pour porter haut les couleurs du véganisme à travers le monde sur son beau vélo vert et pour la glace végan dégustée à Budapest. À Sophia et Helmut, cyclo-voyageurs tourdumondistes allemands, pour les jeux de cartes dans le fabuleux Hostel Felda de Brno en République Tchèque. Bonne route à vous! À Tatjana pour le vin rouge, le fromage et ton enthousiame à l’hostel de Varsovie. À Santiago (Argentine) et Juliano (Italie) pour avoir été de supers copains de dortoir à Riga et aux scouts belges pour y avoir mis l’ambiance. À Markus, sa famille et ses voisins, le hasard m’a fait passer une des plus belles soirées du périple, inconnu j’ai été accueilli comme l’un des leurs. Je ne vous remercierais jamais assez. Comme on dit chez vous: danke schone! À Hera pour l’hébergement à Tilburg, trois mois après s’être rencontré à Besançon, l’hospitalité n’est pas un vain mot chez les cyclo-voyageurs. Et une deuxième tournée de french fries! Au couple de hollandais, rencontré dans le chalet d’un camping gratuit, pour leur gentillesse et leurs vélos qui m’auront fait bien rigoler. À Olivia pour quatre merveilleuses journées à Marks Tey, Colchester et Londres qui m’ont vraiment donné le goût de l’Angleterre, et à la famille qui t’as accueilli pour cette année au pair: Cathie, Matt, Lizzie et Marcus, et qui m’a permis de passer te voir. L’annexe était le refuge idéal, les petits déjeuners savoureux et quitter ce petit cocon bien confortable fut difficile. À Maud pour un passage bien trop court mais fort sympathique dans le beau quartier de Kensington à Londres, beaucoup de choses à se raconter mais jamais le temps pour tout se dire. À Émilie et ses french colloc’ pour l’accueil à Wexford en Irlande. À Bénédicte et Julien pour le partage de pintes et de récits de nos aventures (tout en gardant une oreille attentive au chant de Jenifer) sur le navire voguant vers la Bretagne, j’espère sincèrement vous revoir. À Corinne, Jean-Louis et Maeva à Saint Renan, un retour jusqu’à la maison devait forcément passer part chez vous, votre soutien permanent depuis le début de l’aventure me donne des ailes au quotidien. À Ophélie pour le thé à Brest, que mes aventures puisses t’inspirer et que les tiennes à leurs tours puisses inspirer d’autres personnes. À Christophe et Manu pour les photos et le partage du plaisir commun d’être au bord du canal de Nantes à Brest, qu’on y vive, navigue, marche ou pédale. À la famille Goujon, maman Valérie, papa Pascalou et les petites soeurs Audrey (gouj’gouj’) et Marine (palourde). Vous faites de la Motte « the place to be », ou tout du moins l’endroit où je me sens si bien. Je pense souvent à vous et j’ai hâte de revenir essuyer la vaisselle après un bon repas. À Gaby, Justine et Gautier pour ma dernière nuit autour de l’Europe en très bonne compagnie, seulement seize kilomètres avant la maison, l’arrêt était impératif.

À toutes ces personnes croisées ici ou là, sur la route ou en auberge de jeunesse, pour leurs sourires, leurs coucous, leurs encouragements ou simplement pour avoir pu discuter un peu et rendu ce voyage agréable.

À Erwan, frère de cœur, ami de toujours, pour le soutien logistique/météo/internet tout au long de ces quatre mois et demi. Tu m’as rendu bien des services. On se revoit bientôt, sur une île, au chaud. Tu sais où, tu sais quand. Luv’ u bro!

À ma grande soeur, pour ton enthousiasme et ta sensibilité, ou simplement parce que tu es ma soeur et que je t’aime. À Damien qui t’accompagne depuis un moment maintenant. Tu es le beau frère idéal et si je suis où j’en suis aujourd’hui, c’est en partie grâce à toi en me donnant le goût de l’aventure et des grands espaces en emmenant papa et moi en rando dans les Pyrénées. À Nolan qui à pointé le bout de son nez il y a plus de trois ans. Tu grandis vite et tonton a hâte de te revoir, pour faire de la guitare, jouer du tamtam ou juste faire les fous. Tous les trois, je vous aime.

À maman et papa, à qui évidemment je dois tout. Vous m’avez offert une belle éducation, j’espère pouvoir en faire autant lorsque mon tour viendra. Vous êtes mes plus grands supporters, dans les deux sens du terme: vous m’avez toujours soutenu dans mes projets ou tout du moins laisser la liberté d’y penser et aujourd’hui vous êtes à fond derrière moi. Et aussi vous avez du énormément me supporter, à la maison, haha! Hâte de vous revoir, sur une île, au chaud, vous savez où, vous savez quand. Merci du fond du cœur. Maman je t’aime. Papa je t’aime.

« Le bonheur n’est réel que lorsqu’il est partagé. » Christopher McCandless

MERCI

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Europe à vélo: Bilan // Questions

Voici venue l’heure du bilan!

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Le premier tiers de cette aventure autour du monde est terminé. 139 jours (quatre mois et demi) pour traverser 26 pays d’Europe en un peu plus de 12000 kilomètres. Fast and Curious. L’objectif principal était de voir ces pays dont on ne parle pas (je pense aux pays de l’ex Yougoslavie) où dont les personnes vous mettes en garde: « attention c’est dangereux là bas » sans le savoir réellement et en n’ayant jamais mis les pieds dans ces états, faute aux histoires du passé. Les gens parlent trop, n’agissent pas assez. On peut remercier les médias pour ça. Et puis avant d’aller à la découverte du monde, je trouvais ça intéressant de voir d’abord ce qu’il y a près de chez nous. Tant de personnes veulent voyager au bout de la terre sans même avoir visiter la France.

Je voulais voir, découvrir ces contrées lointaines et si proche à la fois. Pour réaliser ce tour, le vélo m’est apparu comme une évidence. En train, en bus, en voiture, on ne prends pas le temps et il y a toujours une vitre, brise-lames pour se protéger de la houle fracassante du monde extérieur, inconnu. Sur la bicyclette, il n’y a pas de filtre. On se prend tout en pleine face. Sensations et émotions sont décuplées.

À dire vrai je sais pas trop quoi écrire ici. Si vous avez lu tous les articles, vous êtes asez grands pour vous faire votre propre synthèse. En guise de bilan je vous mets ci-dessous le question-réponse que j’avais lancé il y a un moment. Merci aux personnes qui y ont pensé, notamment Anita qui a été très inspirée!

#Comment décide-t-on de partir comme ça tout seul sur les routes ?

Ahah bonne question! C’est dur à expliquer, c’est quelque chose qui grandit en vous tout doucement. Après bon nombre de randos, après avoir lu beaucoup de récits d’aventures et après avoir vu quelques copains partir au bout du monde, y’a un moment où on se dit: à mon tour! Seul parce que pour moi c’est plus naturel qu’à plusieurs, la plupart de mes excursions passées se sont faites en solo.
Aussi, logistiquement c’est pas simple de trouver quelqu’un qui peut se libérer pour autant de temps et qui ait aussi le budget nécessaire.

#Qu’est-ce qu’on ressent quand on part comme çà à l’aventure ? Au moment du départ ? En cours de route ?

Avant le départ c’est une grande excitation, cette envie d’être très rapidement sur les routes après de longs mois de préparation.
Au moment du départ je boucle à la dernière minute mes sacs en ayant l’impression d’oublier pleins de choses dans le rush. Et puis tout le monde est là, famille et amis et il pleut. Ça rend les choses moins facile mais il faut y aller, donner le premier coup de pédale et ne pas se retourner. En cours de route, c’est le bonheur avec cette phrase qui revient souvent : comment ne pas être heureux de cette vie là?

#Quelle est la préparation physique ?

Je n’ai pas fait de prépa physique spécifique au vélo. Cela dit, les guibolles étaient bien entraînées puisque je fais de la course à pied longue distance avec des entraînements quatre à cinq fois par semaine.

#Y a t-il un road book défini avec des points-relais où la famille peut faire parvenir les colis de matériel adapté à la suite du voyage ? exemple : l’hiver arrive : la famille envoie les vêtements chauds à X…

Au départ, j’étais parti pour faire les quinze mois de voyage d’une traite, cinq mois de vélo en Europe puis dix mois pour le reste du monde sans passage par la maison. J’ai donc tout embarqué sur le vélo: tenue d’été, d’hiver… Il n’y avait donc pas de point de chute. Finalement je suis repassé par la maison, j’ai refait les sacs. Continuant par l’Indonésie, j’ai fait expédier mes habits d’hiver chez un ami à Tokyo, prochaine destination.

#L’itinéraire est-il fait au feeling ? ou fonction des rencontres?

J’ai respecté presque à la lettre l’itinéraire prévu. Il est fait au feeling mais est souvent tracé de manière a aller droit au but. Pas de détour pour aller voir un endroit qui aurait eu un intérêt touristique par exemple. Il y a eu une grosse modification: le plan initial était de finir à Berlin. Au vu des kilomètres avalés rapidement, il m’est paru logique de prolonger le plaisir et d’en profiter pour voir d’autres pays (Pays-Bas, Royaume-Uni, Irlande).

#Le vélo a-t-il été modifié ou est-ce un modèle standard ?

C’est un modèle standard, vélo de trekking d’entrée de gamme. Un Orbea comfort 20, avec des pneus 28 pouces, des garde-boues et un porte-bagages. Il a très bien tenu jusqu’en Macédoine ou les problèmes ont commencé. Heureusement j’ai toujours pu atteindre un bikeshop et faire les réparations. Au bout de 12000 kilomètres, je sentais quand même qu’il atteignait ses limites.

#Quelle alimentation en cours de route et quel est le nombre mini de calories à absorber chaque jour pour tenir physiquement ?

Pas d’alimentation spécifique, cela dit, j’ai pris un petit bidon à la fin du voyage. Je grignotais un peu (depuis la Croatie), mais je pense que mon corps dépensait moins d’énergie sur cent kilomètres à la fin par rapport au début, l’organisme s’étant adapté. L’alimentation restant là même niveau quantité, j’éliminais moins et le ventre à commencé à gonfler, ha-ha! Aussi, les muscles abdominaux ne travaillent pas vraiment sur un vélo. Sinon en général c’était pâtes ou semoules, facile à faire et peu consommatrices en gaz.
#As-tu fait des vaccins avant le départ ?

Quatre piqûres d’un coup puis deux rappels. Encéphalite à tiques, fièvre jaune, typhoïde et hépatite À.

#T’es tu renseigné sur les risques sanitaires de certains pays ? Pour la Russie par exemple, nous avons du nous vacciner contre la rage ( beaucoup de chiens errants) et contre l’encéphalite à tique.

Oui oui, d’où les quatre vaccins ci dessus. La région de l’asie du sud-est étant la plus à risque. Cependant il n’existe pas de vaccins contre le Paludisme. Il y a possibilité de prendre des médicaments en prévention mais au vu des effets secondaires, je n’en prends pas et préfère faire attention et appliquer du spray anti-moustiques.

#As-tu défini un budget maximum par jour ?

J’ai un maximum à ne pas dépasser (28 euros). En moyenne je suis resté largement en dessous (16 euros).

#Comment gères tu l’eau ? Est-ce que tu utilises un philtre Katadyn pour la purifier ou des pastilles ?

En Europe, j’ai bu l’eau de tous les robinets, même au cimetière où c’était parfois indiqué non potable ou encore à Tirana en Albanie où ce n’est apparemment pas conseillé. Mais j’ai jamais été malade. En Indonésie, c’est eau en bouteille obligatoire. J’ai des pastilles avec moi au cas où, pour de futurs treks.

#As-tu souffert de tourista ? De désagréments dus à la nourriture ? Si oui, que prends tu pour guérir ?

RAS!

#As-tu une trousse de pharmacie, et si oui, que contient-elle ?

Le strict minimum! Des pansements, du désinfectant, des bandages, du doliprane, des anti-diarrhéiques. Voilà!

#Quel est le poids total du chargement hors vélo ? Comment as-tu réussi à réduire le poids du chargement?

Mes sacoches devaient contenir en moyenne de 23 à 26 kilos, je pense. Pour réduire le poids il faut simplement penser à ce qui est vraiment nécessaire ou pas. Si pour un produit on se dit « au cas où », alors l’expérience me dit de ne pas le prendre.

#As-tu rencontré de l’agressivité ? Si oui, comment as-tu géré ?

Jamais!

#Est ce que tu as pu suscité de la peur ou de rejet ? Beaucoup de marcheurs sont pris pour des vagabonds ou des voleurs; est-ce la même chose pour un cycliste ?

Au contraire! Je pense avoir plutôt suscité de la curiosité. Les gens sont souvent intrigués de voir un étranger chez eux, qui plus est, à vélo!

#Comment affrontes-tu les grands moments de solitude?

C’est pas vraiment un combat et je n’en ai pas connu. L’idée c’est de ne pas être seul dans sa tête, il faut se créer un monde, être créatif!

#Que se passe-t-il dans ta tête quand tu pédales?

Mille choses, la pensée vagabonde.

#As tu des moments de découragement ?

Non, quand j’ai un objectif à atteindre, rien ne peut m’en détourner. « Si aujourd’hui ça ne va pas, demain sera un autre jour ». La pratique de la course à pied longue distance, jusqu’à 9 heures de course, m’a permis de me forger un mental (et des guibolles) sans failles. Je sais ce que je fais et pourquoi je le fais, alors, don’t give up and keep going!

#Les rencontres sont belles : vas-tu au devant des gens ou attends tu que la rencontre se fasse d’elle même ?

Je suis de nature réservé, mais depuis ma rencontre avec James, je vais très facilement vers les autres.

#Tu es bel homme : est ce que tu reçois des invitations « galantes » ?

Ahahaha! Je rougis! Question suivante!

#Comment assures-tu ta sécurité ? Celle du vélo ?
Comment réduis-tu le risque de vol ?

Je portais un casque, au début, ensuite j’avais trop chaud et je mettais juste une casquette. Et dans le trio Danemark, Allemagne et Pays-Bas, je ne roulais que sur des pistes cyclables donc je n’en avais pas besoin. Je le portais sur les axes très fréquentés.
J’avais deux cadenas pour mon vélo. En journée, quand je faisais des courses. Je ne mettais rien et je laissais souvent ma sacoche avant sur le guidon. Le vélo est vraiment lourd pour quelqu’un qui n’y est pas habitué, alors si un voyou me le pique, je devrais réussir à lui courir après, héhé ! Je posais un antivol seulement la nuit, pour me donner bonne conscience.

#Tu as pris les visas en avance ou vas-tu faire les démarches pour chaque frontière ?

En Europe, ma carte d’identité était suffisante, partout. On dira ce qu’on voudra, on a de la chance d’être français. Pour le reste du monde j’ai choisi des destinations où des exemptions de visas sont en place. Ainsi je n’ai pas de démarche à faire. Pas de paperasse, en arrivant à l’aéroport on me tamponne le passeport et je peux rester de un à trois mois selon le pays, juste un document à remplir en ligne pour les USA et 14 euros. Le visa pour l’Indonésie est devenu gratuit en Juillet 2015, coup de chance!

#Est-ce qu’il t’arrive de tomber? (fatigue, mauvaise manip, collision avec un autre objet mobile… ou immobile !)

Deux chutes, survenues à la fin de l’aventure ! Une première sans gravité au Pays de Galles, de nuit lors de mon étape monstre de 275 kilomètres pour ne pas rater le ferry. On voulant monter sur le trottoir, je glisse sur le bord en fonte rendu glissant à cause de l’humidité nocturne. Il est deux heures trente du matin. Je ne roule pas vite et tombe tranquillement sur le flanc gauche sans trop de bobos. La deuxième chute est arrivée l’avant dernier jour! En quittant la Motte, il pleut à torrent et en trois minutes je suis douché. Cinq minutes après j’arrive à Loudeac. Je rentre sur un rond point, je suis à peine penché sur la gauche, mais mes pneus lisses font aqua-planning. La vautre. Le vélo glisse et je tombe de tout mon poids sur le flanc gauche (oui encore). Jambe, bassin, bras, épaule et tête frappent l’asphalte mouillé. Je me relève et rejoins rapidement le trottoir pour éviter un sur-accident. Je suis tout égratigné, la clavicule est douloureuse et les cervicales on sans doutes pris un coup. Osthéo cinq jours plus tard, distension du ligament qui fait la jonction clavicule bassin, il me remet le bassin en place et me fait cric-craquer la tête. Un beau travail!
Sinon le vélo est tombé très souvent de son plein gré, maintenu en équilibre seulement grâce à une petite béquille, le poids du chargement le faisait chavirer dans mon dos.

#Depuis le 1er janvier 2015, dix-neuf des vingt-huit Etats membres de l’Union européenne ont adopté l’euro, alors comment gères-tu tes dépenses, lorsque tu traverses un pays non membre de la zone Euro ?

En général, j’essayais de budgétiser avant d’entrer dans le pays: combien de jours je vais y rester? Faudra-t-il payer un logement (auberge) ? Est ce que la vie est cher? De là, je retirais des sous au guichet en arrondissant un peu au dessus de l’estimation pour me laisser une petite marge.

#Le matin quand tu te lèves, quel est la première chose que tu fais?

Je regardais l’heure, je sortais de mon sac de couchage et je le rangeais aussitôt puis petit déjeuner.

#Te balades-tu avec tout plein de rouleaux de papier-toilettes?

Un seul! On vit dans une Europe moderne où on trouve quand même des toilettes facilement !

#As-tu vu des ours sur ton chemin? Ou autres?

Pas d’ours, seulement des serpents (tous écrasés), des chiens, des tortues, des renards, des cerfs, des chevreuils, des vaches, des moutons et aussi l’animal inconnu qui m’aura foutu la frousse une nuit en Pologne.
#Jusqu’à présent de tous les pays que tu as traversé, lequel est le plus accueillant?

Le choix est dur, je me suis sentis vraiment bien dans pleins d’endroits. Alors je vais plutôt dire celui qui m’est paru le moins accueillant : la Pologne.

#Qu’est-ce qu’il te manque le plus?

La cuisine ne m’a pas manqué, on trouve de tout partout en Europe. La course à pied par contre m’a terriblement manqué!

#As-tu eu envie de changer de moyen locomotion à un moment?

Jamais! Le vélo est très pratique même si les problèmes mécaniques peuvent devenir agaçant. Le monde des cyclo-voyageurs ressemble à une petite famille et le contact se fait facilement car on passe tous par les même moments, qu’ils soient bons ou difficiles.

#Quelle est la plus grande peur que tu t’es faite depuis ton départ?

Cette nuit en Pologne avec la mystérieuse bête rôdant à cinq mètres de la tente…

#Quel est le plat qui te manque le plus?

Allez, par gourmandise, la pizza ou les galettes, avec du lait ribot siouplait!

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Bon et puis je rajoute la question que tout le monde m’a posé lors de mon retour éphémère en Bretagne :

#Quel est le pays que tu as préféré?

Uhh. Pas de coup de coeur comme l’Islande il y a deux ans. Mais pleins d’endroits vraiment sympathiques selon si l’on cherche plutôt à voir de beaux paysages, rencontrer des locaux, des cultures…

Et puis je vous dirais: allez voir vous mêmes, bougez vos fesses!

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Royaume-Uni // Irlande // Bretagne

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Me voici sur le bateau qui va me permettre de rejoindre le royaume uni. À bord il y a l’Internet par satellite, ça ne fonctionne pas très bien mais je n’en ai pas réellement besoin. Je rejoins alors un jeune couple de cyclo-voyageurs rencontré à l’embarquement. Carolina et Josh rentrent chez eux dans le Devon en Angleterre. À vélo ils sont partis d’Allemagne jusqu’en Estonie à Tallinn, puis Helsinki en Finlande, longeant la côte vers l’ouest où ils ont pris le train pour Stockholm, Malmø, Copenhague puis de nouveau sur leurs vélos jusqu’au bateau sur lequel nous naviguons actuellement.

On débarque à Harwich vers 19h. Keep my left! Eh oui, il faut maintenant apprendre à rouler à gauche. Le plus compliqué au début? Les croisements. La première voiture va-t-elle arriver par la gauche ou par la droite…? Les repères sont perturbés, il faut s’adapter. La nuit tombe rapidement. Sur la route je trouve les panneaux pour les cyclistes qui mènent à Colchester. Je les suis. Je trouve un grand espace vert au bord  de la mer. Je me fais un dîner express et à la tombée de la nuit, je vais tout au bout de ce parc, proche d’une haie où je pense être ni vu ni connu. La nuit étoilée me permet de ne pas planter ma tente, je pose mes matelas par terre et je rentre au chaud dans mon sac de couchage, le vélo à côté de moi. Un petit gars avec capuche sur la tête s’approche discrètement. Je le vois et fais mine de bouger, il repart en courant. Il revient deux minutes plus tard, je suis alors assis. Il me vois seulement à 10 mètres et s’en va de nouveau en courant. Je ne sais pas ce qu’il me veut mais ça me suffit pour déclarer ce bivouac « not safety », pas sur. Du coup je bouge, la route éclairée à la frontale. Je trouve finalement un carré d’herbe à l’entrée d’un quartier, OKLM (au calme). Je capte même la wifi depuis ma tente.

J 118 – 27 aoùt 2015

Je me réveille de bonne heure pour ne pas déranger le voisinage. À 5h45, il est 6h45 en France et maman m’appelle avant de partir au boulot pour me souhaiter mon anniversaire. Aujourd’hui j’ai 25 ans. Je remballe la tente et je reste sur place pour écouter de la musique sur internet. Je me mets en route en suivant les panneaux que je perds à Wivenhoe. Je continue donc sur la route normale. À l’entrée de Colchester je trouve un Tesco. Youpi! Petit déj’!

Je poursuis jusqu’à Marks Tey où je demande ma route car je n’ai pas encore téléchargé la carte du pays. J’ai seulement l’adresse où vit et travaille Olivia en tant que fille au pair. Je trouve finalement assez facilement et je croise, vers midi, Cathie, la maman, qui part au travail. On a juste le temps de se dire bonjour. Je rentre dans la propriété. Il y a la maison de la famille à gauche et ce que je suppose être l’annexe d’Olivia à droite. Je vais à la maison, je frappe, pas de réponse à part un gros toutou qui aboie. Je me dirige donc vers l’annexe. Trois mètres avant d’arriver à la porte, Olivia sort et me voit en se retournant, un peu surprise. Hello! Quel bonheur! Je revois des têtes connues depuis les Pays-Bas et ça fait bien plaisir. Ça me rappelle aussi que je suis maintenant sur la dernière ligne droite. On papoter un peu et je file prendre une douche. Ensuite je rejoins Olivia qui garde des jumeaux: Lizzie et Marcus, deux ans. Ils font du trampoline, on va se promener, voir le train passer, on regarde des dessins-animés… Matt, le papa, arrive vers 16h. Je souffle les bougies (merci Olivia :)) avec les kids, qui gardent quand même leur distance, peut-être un peu intimidé (la barbe?).

Le soir, les twins sont au lit, on mange avec Matt et la maman de Cathie. Petit repas sympa avec bières anglaises, vin rouge et un bon petit gâteau (un Victoria sponge) en dessert fait par Cathie,  la pro des bons gâteaux! 🙂

Digestion devant « Location location » (le Recherche Appartement ou Maison anglais). Puis on rentre à l’annexe et dodo. Le lendemain, Olivia travaille, il fait soleil et il y a du vent, j’en profite pour faire sécher la tente, le sac de couchage et faire une machine à laver. Le soir, c’est mon premier fish and chips! Extra, mais il ne faut pas en manger tout les jours! À l’annexe, on regarde le film « Les Tuches », c’est con mais c’est bon.

Le samedi on se lève tôt pour prendre le train direction London! Entre autres: British museum, Covent garden, Picadilly circus, Camden town où l’on a mangé de trop bonnes pizzas, Whitechapel, du métro, un peu de métro et encore du métro, Oxford street, Carnaby street, Soho où l’on dîne le soir dans un pub, le Red Lion. Bonne ambiance, nous nous retrouvons autour de burgers-frites accompagnés de bière et de cidre (servit en pression en Grande-Bretagne). Pour digérer le tout, petite marche nocturne jusqu’au Tower bridge rayonnant de nombreuses lumières, c’est splendide.

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Retour sur Marks Tey et nouvelle promenade nocturne pour rejoindre l’annexe. Il ne nous faut pas longtemps pour tomber dans les bras de Morphée après une belle journée comme celle-ci.

Grâce matinée le dimanche matin. Encore un petit déjeuner formidable. En début d’après-midi, on va en vélo jusqu’à la gare. On prend le bus jusqu’à Colchester car il y a des travaux sur les rails. Je fais des petites courses pour la suite au ASDA puis on marche vers le centre-ville avant d’aller au parc où il y a le free festival de Colchester. On reste cinq minutes devant un groupe de métal avant de rejoindre la scène electro où dj mixe vraiment bien. L’ambiance est chouette, les gens décontract’ et on boit une pinte sur un banc. Le festival se finit en fin de journée vers 18h15. On retrouve Manon, une amie d’Olivia, qui est aussi fille au pair. On mange au Playhouse, c’est énorme, la déco est fun, on mange bien et pas cher! Pour rentrer à Marks Tey, on attrape de justesse le train de 21h11. Encore quelques coups de pédales et hop, nous voici au chaud dans l’annexe. Je fini la rédaction de l’article sur la Suède et je le publie dans la foulée. La majorité des amis ne savent pas que je rentre en Bretagne ni que je suis actuellement en Angleterre, alors je dois publier les articles en décalé pour qu’il n’y ait pas de doute sur mon itinéraire et que la surprise fonctionne. Dernier dodo à Marks Tey!

Réveillé à 10 heures après avoir dormi comme un bébé. Petit déj’ et il faut déjà refaire les sacs. Ces quatre jours sont passés à une vitesse folle, c’était vraiment top. Je vais dire au revoir à Cathie et Matt. Puis à Olivia que je ne reverrais pas avant onze mois minimum. Merci I-A pour ce fantastique break à Marks Tey. Reprendre la route après tant de confort fut bien difficile!

Je repars sous la pluie, ça se calme dans l’après-midi. Je roule toujours en suivant le balisage pour vélo du « national cycle network » qui doit me permettre de rejoindre Holyhead au Pays de Galles où je prendrai un ferry pour l’Irlande. Je trouve un petit coin très calme, près d’un lycée, pour poser ma tente. Je me retrouve seul à nouveau mais le mental est à bloc: dans quinze jours je serai en Bretagne! La tente ne sera restée sèche qu’une journée, il pleut le matin et il y a pleins de limaces collées aux parois de mon abri. Je suis toujours mes panneaux de la route n°1, je les perds à Harlow puis je retombe dessus à Waltham Abbey. La route est bien plus longue que prévu pour arriver à Londres où je dois faire un petit coucou à Maud, une amie aussi fille au pair. Évidemment ça roule beaucoup dans la capitale et je grille quelques feux rouges. Malgré tout, j’arrive en retard à Kensington et on a le temps de se voir seulement quarante cinq minutes. Du coup ça passe très vite parce qu’on a mille choses à se raconter.

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De retour sur mon vélo, le temps est pas mal. Quinze minutes plus tard, il pleut. Je l’abrite sous une passerelle d’accès aux bateaux-bus londoniens et j’attends. Ça s’améliore et j’observe un magnifique arc-en-ciel. C’est reparti! Changement de vélo-route, je dois maintenant suivre la numéro 4, le long de la Tamise en allant vers l’ouest.

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Je passe par le Richmond parc, il y a pleins de cerfs et de chevreuils vraiment pas farouches, c’est beau. En longeant le fleuve, je vois des pêcheurs et ça me rappelle que c’est légal de planter sa tente au bord de l’eau, pour une nuit ou deux. Je demande à un local la confirmation. C’est validé! Youhou! Voilà un beau bivouac pour la nuit et la tente sèche presque entièrement. Bien bien bien! Sur l’eau il y a pleins d’avirons, même de nuit. Le lendemain superbe début de journée au bord du fleuve, il y a de jolies petites maisons. Je perds mon chemin au Windsor great parc, je loupe donc le château. Je retrouve le chemin à Reading. Changement de cours d’eau: il faut maintenant longer le canal de Kenett & Avon, le canal de Nantes à Brest local, ahah! Je reperds de nouveau le balisage. Je retombe dessus en fin de journée, il fait alors presque nuit lorsque j’installe ma tente au bord d’une écluse. Il fait froid le matin suivant et tôt dans la matinée je perds le balisage. Je le retrouve le midi à Devizes, après une pause chez Lidl où je découvre des mini-pizzas végétarienne au fromage de chèvre, trop bonnes et chaudes en plus! Ensuite bon balisage toute la journée, c’est agréable de rouler sur ce joli canal. A Devizes, il y a une série de 16 écluses (Caen Hill Locks) sur à peine 500 mètres afin de franchir un dénivelé de 72 mètres sur 3,2 km (de 29 écluses au total). C’est super jolie mais ça doit être l’enfer pour les gens qui passent avec leur péniche. Il faut 5 à 6 heures pour franchir le tout.

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Plus tard je passe par la charmante ville de Bath. Il y a une route direct et cyclable pour aller à Bristol, en longeant une vieille voie de chemin de fer. A Bristol, ça grimpe à bloc. Il faut être attentif au balisage car parfois il y a des stickers, collés par des petits malins, sur les flèches. Bivouac à un kilomètre du Severn bridge (pont sur la Severn).

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Je traverse le fleuve le lendemain matin et me voici au Pays de Galles. C’est beau, par moment ça grimpe mais dans l’ensemble c’est plutôt plat car je longe des rivières.

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Crevaison en fin de journée. Je répare dans le vent, en haut d’une colline puis je redescends au bord d’un lac où je pose ma tente. Par curiosité je consulte mon gps. On est vendredi soir et je dois être au bateau dimanche midi. Je pense être bien. En fait non, pas bien du tout. Ma petite machine électronique me dit qu’il reste 275 km jusqu’à Hollyhead. Nan mais allô?! Un jour et demi pour faire ça. Je ne sais pas ce que j’ai loupé dans mes calculs mais la journée de demain va être longue, très longue.

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J’entends du monde au réveil. En sortant ma tête, je vois une rangée de huit canoës! Je quitte la tente et je me fais attaquer par une horde de moucherons piquants, horrible. Départ vers 7h30 pour la plus longue étape de tout le voyage.

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Le matin, première collision aussi, avec un vététiste qui regardait ses pieds (il était dans un groupe de sept vélo). J’atteris dans la haie, je me prends ma pédale dans mon tibia. Bobo. Le type s’excuse à peine et repart. Le gros con. J’aurai aimé qu’il tombe dans le canal! Le midi, petit lunch près d’une vieille gare réaménagée en galerie photo et aussi point de départ de plusieurs randonnées dans la Wye Vallet. Sur la route, le paysage est splendide, ça me rappelle parfois l’Islande. Et y’a pleins de moutons! Le soir, dîner pour prendre des forces: pâtes au ketchup avec la fin du fromage que m’avait donné Olivia. Trop boooon! L’endroit est vraiment joli, il y a six jeunes qui campent et de grandes forêts de pins autour. Ça doit être le pied de randonner au Pays de Galles.

Je mets des lumières, ma frontale à l’avant, mon bâton de lumière à l’arrière et mon gilet fluo sur moi. Le crépuscule est splendide. J’arrive dans une grande ville, il fait nuit. Quelques achats: pomme, boisson énergétique, soda à l’orange et piles, pour la frontale. Pendant que je fais du shopping, un couple très gentil me prévient qu’il y a un type qui rôde autour de mon vélo. Je sors voir, personne et tout est là dans ma sacoche avant. Je repars, en suivant toujours mon balisage. La nuit étoilée se rafraîchit d’heure en heure, les silhouettes des montagnes sont impressionnantes. La route alterne entre enclos des moutons ou parfois des vaches et petits villages où je m’arrêterai bien boire une pinte quand je vois la lumière dans les pubs. Vers 2h, je passe près d’un festival électro, il y a des parkings énormes dans les champs, ça rappelle les grands festivals bretons. Je me gamelle en montant sur le trottoir. Pas très vite donc je ne me fais pas trop mal.

À 3h30, je préfère m’arrêter un moment sur le bas coté, derrière un talus, par sécurité, de un à cause de la fatigue et de deux car je pense au festival: musique, fête, alcool, rouler bourré… Je m’allonge dans l’herbe et je regarde les étoiles. Et puis j’ai froid. Je suis humide et puant depuis de longues heures. Cette fois, je me sens vraiment sale. Je pose finalement la tente dans la pente, pire bivouac de tous les temps, les voitures passent à trois mètres de moi. J’enlève tous mes vêtements et je plonge dans mon sac de couchage. Je dors deux heures, il faut repartir, à 6h30 il fait jour. Mon esprit vagabonde, mon corps pédale. Je regarde mon gps, je pense qu’il me reste quarante bornes. Il m’achève une dernière fois: 74 kilomètres. Boom.

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Outch, c’est long, j’en peux plus, la digue finale qui mène sur l’île de Holyhead est interminable. J’arrive après 11h30 et je vais faire quelques courses chez Tesco pour le bateau. Le caissier est sympathique et me demande d’où je viens où je vais… ça me fait bien plaisir de parler à quelqu’un. J’ai parlé toute la nuit, mais seulement avec des moutons, des vaches où à moi même. Je rejoins la gare maritime. A l’accueil, on m’annonce que le check-in n’a pas commencé.

VICTOIRE!

275 kilomètres en 28 heures dont 4h de pauses et 2h de sommeil, soit 26 heures de pédalage. Etonnement je n’ai aucunes douleurs physiques. Je me prends un chocolat chaud pour fêter ça et je grignote un peu. Pour la première fois j’embarque du côté des passagers, on monte dans un bus pour rejoindre le navire. Les trois heures de navigation passent vite, même pas le temps de dormir.

Irlande

Arrivée à Dublin! Bon il faut encore pédaler trois kilomètres avant de mettre les pieds dans l’auberge de jeunesse. Mais je retourne aussitôt dans la rue car la devise repasse à l’Euro et je n’en ai plus. Go to ATM. J’avais réservé pour une nuit, finalement j’en ajoute une deuxième suite aux réclamations de mon être tout entier. L’hostel est vraiment chouette, c’est le seul de la capitale construit dans ce but. En général, une auberge de jeunesse est créée en réaménagent des appartements déjà existants. Je prends une douche bien méritée, je lave mes vêtements que je mets à sécher en tendant des bouts sur les grilles du sommier du lit qui est au dessus du mien. À 23 heures, dodo. Le lendemain je me réveille à 7h30, en forme. Physiquement j’étais bien, c’est vraiment l’esprit qu’il fallait reposer. Promenade et courses à Dublin. Au Lidl, je découvre des cookies faire sur place qui sont excellent! La capitale est petite et agréable à visiter, les irlandais ont l’air fort sympathique. À l’auberge, la cuisine est énorme (faut dire qu’on est nombreux) et ma chambre est presque entièrement germanophone: quatre allemands et trois autrichiens!

L’après-midi, je geek un peu et je prépare la suite. Je devais aller voir Benjamin à Bantry dans le sud ouest. Mais, en regardant à tout hasard les horaires des bateaux de la Britanny Ferry, je vois que ça ne va pas être possible. En septembre, il n’y a que une liaison par semaine, chaque samedi. On est dimanche alors je dois prendre le prochain et ça ne me laisse malheureusement pas le temps de longer la côte ouest jusqu’au sud comme je le souhaitais. Alors se sera le sud-est. Sur facebook, je vois qu’Emilie, la cousine d’Erwan, vient d’arriver à Wexford pour les études. Et Wexford est sur ma route. Je prends contact car ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu. Elle est collocation et je suis cordialement invité à y passer une nuit. Cool, un abri en dur dans la semaine!

Je repars donc sur les routes le lundi matin. Il y a quelques bosses mais rien à voir avec le Pays de Galles. Je passe à Wiclow, je fais une mini pause car c’est splendide: le petit port, les falaises, les ruines et la mer. Y’a comme un air de Bretagne, ça me rappelle la pointe Finistère.

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Je continue, mains sur le guidon, banane sur le visage, cap au sud! Le soir, je m’arrête à Brittas Bay, où s’installe mon bivouac sur une aire de pique-nique, avec eau, toilette et plage à cent mètres, parfait. J’arrive même à faire sécher la tente restée humide depuis ma micro nuit dans le talus. Je vais mettre mes pieds dans l’eau. Seulement les pieds, ça caille pas chaud!

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Repas du soir: les célèbres pâtes au ketchup agrémentées de mozzarella, un luxe ! Le lendemain, la route est encore plus plate et j’arrive à Wexford vers midi. Il y a un port, je monte sur les hauteurs de la ville pour rejoindre le Lidl et casser la croûte. En début d’après-midi, je file retrouver la collocation d’Émilie. L’appartement se situe entre le port et la rue principale. Ils sont trois, Mimi donc, Constance et Lucien. Une équipe sympathique venue tout droit de Normandie pour poursuivre leur Bachelor visual quelque chose. Je prends une douche, bois une bière et on va à Curracloe sur la plage qui à servit de décor pour les scènes du débarquement en Normandie dans le film de Spielberg: « Il faut sauver le soldat Ryan ». C’est une jolie petite plage avec des dunes. Voilà. On revient en ville et on va se taper un petit fish & chips. En sortant, j’ai le ventre près à exploser, rentable! Ensuite on rentre se poser tranquillement à l’appartement, digérer tout ça. Dodo dans le salon. Au réveil, tout le monde dors encore, je vais me promener dans la rue principale et j’achète un t-shirt vert à trois euros chez Penneys, le nom de Primark en Irlande. Good deal. Retour à l’appartement, je refais les sacs, je dis ciao ciao et c’est parti!

La route est pépère et j’avance bien. Je fais une pause le midi à New Ross. Toujours chez Lidl, fournisseur officiel des cyclo-voyageurs. En sortant du magasin, je croise un monsieur, la quarantaine, grosse barbe et cheveux long. On se salue et on discute un peu. À ce que je crois comprendre, il est sur  warmshowers et à rencontré des cyclos en Espagne, blah blah blah , sympa le gars. Je poursuis ma route, je passe par Waterford et je me dirige vers la mer. Dans une montée en pleine campagne, un pick up arrive en face de moi et s’arrête à ma hauteur. V’la ti-pas le barbu de ce midi! Dingue de se croiser ici trois heures après New Ross! Il me fait d’ailleurs remarquer ma rapide progression. Il doit partir avec son fils chez pas où mais il me propose de passer la nuit chez eux, à même pas un kilomètre d’ici. Il m’explique l’endroit et s’en va. Et en fait, j’ai quasiment rien compris. Du coup j’attends au croisement suivant. Au bout d’une demie heure, je file vers la mer et je longe les falaises, tant pis pour la warmshower ! La vue sur la mer et les falaises est magnifique. Bivouac sur une aire de pique-nique, tranquilou bilou.

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Le lendemain, je rejoins Cork, toute la journée il y a du crachin, ça gâche la balade dans la grande ville, je ne m’y attarde pas longtemps. Je prends la direction de Ringaskiddy, où se trouve réellement le port. Passage par le Lidl, ptits trucs à bouffer et j’attends que la pluie se calme sous l’abri de l’entrée. Une dame vient me voir car elle s’inquiète pour moi, en me voyant trempé de la tête aux pieds et me demande où je vais dormir. Je lui dit que tout est okay. C’est touchant cette bienveillance, cette attention. Ces irlandais et ces britanniques sont vraiment des gens formidables.

Je vais à la gare maritime. Elle est fermée et n’ouvrira qu’au moment de l’embarquement. Alors, je campe juste en face, entre deux haies. Je suis trempé! Je me change fissa fissa et me mets au chaud dans mon sac de couchage. Un peu de radio irlandaise et dodo!

Dernière matinée en Irlande, la gourmandise l’emporte et je retourne au Lidl pour le breakfast. Je cache mes chaussures trempées dans la haie. Dix kilomètres aller/retour. Quand je reviens à la gare, le Pont Aven est là et le flot de véhicules par déjà à l’assaut de l’Irlande. Je fais sécher mes vêtements trempés sur de gros blocs rocheux (il fait beau) et je regarde passer les gens. A midi, je vais dans le hall, le guichet n’ouvre qu’à 12h45. Une fois ouvert, j’observe et surtout j’écoute les français qui vont demander des infos. Quel accent, au final, je crois que je m’en tire pas mal. Je demande à la madame où est ce que je dois faire le check-in. Avec les véhicules, ok, let’s go. Je m’avance dans la file des deux roues où je gare mon véhicule en attendant l’embarquement. Devant moi il y a un couple de cyclotouristes, je les avais vu dans le hall et il me semble qu’ils sont français. Je vais donc papoter avec Bénédicte et Julien, jeunes trentenaires de Strasbourg! Ils viennent de passer trois semaines à faire le tour de l’Irlande.

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L’embarquement commence, on se donne rendez-vous au bar. Ils rejoignent leur cabine et moi mon dortoir de sièges inclinables, ahah! Comme à chaque fois, je fais une visite du navire. Je retrouve donc mes alsaciens au salon bar où on commande des pintes de… Guiness 🙂 Y’a un très bon feeling, on a énormément de points en commun et les discussions vont bon train! Au dîner ils vont au restaurant tandis que je grignote ce que j’ai emmené. On se retrouve de nouveau au bar car il y a un spectacle, wahouuu! On assiste premièrement au chant de Jenifer, sur des playbacs instrumentaux vraiment dégeux. Ça nous fait bien rire en tout cas. Ensuite il y a deux jeunes qui font du freestyle football, fortiches les bonshommes. Ensuite Jenifer revient, il est temps pour nous d’aller au lit! Ce genre de spectacle sur un bateau, c’est quand même un peu kitsch.

Dans le dortoir, tout le monde dors déjà, je sors pour gonfler mon matelas et hop, au dodo! Debout à 5h45, ça pique un peu. Je ramasse mes affaires discrètement et je vais au salon bar prendre mon petit dèj. Je prépare l’itinéraire pour aller faire la surprise à ma marraine à St Renan près de Brest. 75 bornes en terre du nord Finistère. Bénédicte et Julien me rejoignent. Débarquement.

Bretagne

Oui, BRETAGNE!!

En sortant du bateau on reste dans l’enceinte de la gare maritime juste le temps que je refasse mes sacoches. Un agent de sécurité veut qu’on sorte. Ni bonjour, ni s’il vous plaît. On ne gênait personne, y’en avait pour cinq minutes et après avoir fait le tour de l’Europe tranquillement, le premier qui m’emmerde est français! C’est terrible! Les copains cyclistes m’attendent à la sortie. Je fini mes sacs là où j’étais, révolution!

Frontales et lumières allumées, on roule ensemble de Roscoff à St Pol de Léon. Je sens les odeurs d’une boulangerie, huuum, trop bon! La route est vraiment tranquille en ce dimanche matin pour rejoindre Saint Renan et j’évite la pluie qui va s’abattre sévèrement dans l’après midi. J’arrive donc en fin de matinée chez la famille Duvernois. C’est Corinne, ma marraine, qui ouvre la porte. Au même moment elle est au téléphone avec ma mère, au courant de mon passage. Quelle synchro! Je crois que la surprise a bien fonctionné 🙂

Ça fait vraiment plaisir d’être là. On papote à donf, thé, puis douche et repas le midi avec Jean-Louis de retour du ping pong.. Euh, tennis de table pardon. Hihi! L’après-midi midi, je joue à GTA V, je ne suis pas très doué mais ça nous vaut de bonnes rigolades. Maëva, la ptite dernière, arrive dans l’après-midi. Le soir: Pizzas (oui, ok, j’aime les pizzas!). Atelier couture ensuite, je dois raccommoder ma sacoche de guidon, puis on regarde Monstres & Cie et enfin dodo!

Petit déjeuner, Corinne revient des courses. Elle m’a pris des provisions pour la route, trop gentil! Je pars vers 11h30. Je passe par Brest même où je vais boire un thé chez Ophélie.

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bzh brest

Puis direction Châteaulin. Sur la route je croise un couple de retraités américains qui roule en tandem et tout de jaune vêtu, en mode ciré car il pleut. A Châteaulin je me lance sur le mondialement connu Canal de Nantes à Brest que j’appelle affectueusement CaNaB’. J’avais commencé ce tour d’Europe avec lui et je le fini aussi avec. Toujours un plaisir de rouler au bord d’une rivière, il y a quelque chose d’apaisant. Loin des voitures, plus à l’écoute de la nature. Ça fait du repos, et pour le vélo, et pour moi. Il y a des écluses tous les deux à quatre kilomètres. Pareil pour les aménagements de pique-nique qui font des coins parfait pour le bivouac. Je trouve ainsi facilement ma place pour dormir. Repas du soir: semoule au ketchup, ça m’avait manqué!

Il a plu dans la nuit. C’était la dernière nuit sous tente de ce tour à vélo, alors je la range toute mouillée, tant pis! Le temps est correct, le passage côté Côtés d’Armor me propose un canal plus sauvage, moins d’aménagements et d’entretien. Je vois deux monsieurs qui viennent vers moi. Celui qui a un gros reflex me parle en Anglais. Il me dit qu’il est d’ici. Je ne me pause pas plus de question car je sais qu’il y a beaucoup de british à vivre en centre Bretagne. Il veut me prendre en photo au bord du canal. Je lui demande s’il vient d’Angleterre. Non, il est bel et bien de Bretagne. Je poursuis donc en disant que je suis breton et qu’on peut poursuivre en français. Ahah! Christophe, le photographe, et Manu s’activent à fond pour la promotion et la valorisation du canal de Nantes à Brest. Et je les soutiens à 100%, quel joli patrimoine nous avons là. Je suis pris en photo avec mon fidel Dark Vagor et je leur raconte mon aventure. Ils ont croisés un couple de cyclo-voyageurs néo-zèlandais juste avant. Je pars et je les retrouve deux minutes après, affairés à faire sécher leur tente. Je discute avec Nick et sa femme. Y’a pas de jeu de mots, j’ai juste oublié son prénom, mais ça aurait fait la même chose. Ils sont partis d’Angleterre il y a deux semaines et subissent des pluies quotidiennes depuis leur arrivée en Bretagne. Ils prennent la direction de l’Iran, puis Asie du sud-est et retour maison. Un bon gros trip! Plus loin je croise trois papis sur leurs bicyclettes avec des petites sacoches. Bonjour! Il vont jusqu’à Nantes en suivant le canal. Tous les soirs, leurs femmes les attendent dans des gîtes. Tranquille Émile!

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Arrivée par l’ouest du lac de Guerlédan, toujours à sec. La végétation a reprit ses droits dans le fond de la réserve artificiel, le résultat et les couleurs sont magnifiques! J’emprunte la voie verte sur les hauteurs. Elle me fait passer par Caurel, Mur de Bretagne où j’achète un pain aux pépites de chocolat trop trop bon. Petit crachin. Jusqu’à Loudeac, la voie verte emprunte le tracé de l’ancienne ligne de chemin de fer. Easy. Je vais à la Motte faire la surprise à la famille Goujon, ma famille du 22 (cotes d’armor donc). Je connais la route par coeur, l’ayant fait si souvent depuis Riantec, en voiture: 1h05, en vélo: une demie journée et à pied: deux jours et demi.

J’arrive à la Motte, toujours en travaux, c’est fou, un jour y’aura le tram là bas, hahaha!

Je monte à la véranda. Je sonne une fois, deux fois. Jamais deux sans trois! Et finalement Valérie m’ouvre. Hello! Surprise et étonnement, en plus je la réveille de sa sieste. J’explique le pourquoi du comment. 🙂 On papote puis je file sous la douche tandis que Valérie trouve un subterfuge pour faire venir Marine, la plus jeune de leur deux filles. Pascal le papa et Philippe le tonton arrivent en fin de journée et j’assiste à la vaccination de cinq toutous. Marine et sa cousine Sarah arrivent pour le dîner. Je suis caché dans le salon, Marine se retourne, me voit et me saute dans les bras! On passe une superbe soirée comme toujours à la Motte, the place to be.

Le lendemain je prends mon petit déjeuner tout seul et je file vers dix heures, sous la pluie. En trois minutes à peine, mes chaussures deviennent des pédiluves. Et dix minutes après mon départ, pour la première fois de ce voyage, je me paye une vraie gamelle. Dans un rond point noyé par l’averse, mes pneus lisses me jouent un tour, je chute et je glisse sur tout le côté gauche. Je tape la jambe, le bassin, l’épaule et la tête. Je me relève de suite et me range sur le trottoir. Une voiture d’auto-école s’arrête à mon niveau pour savoir si je vais bien. « C’est Okay! » Mais en fait c’est plutôt moyen. Le temps est horrible. Je retrouve le canal de Nantes à Brest, jusqu’à Pontivy, cool. Pause déjeuner au Intermarché. Et qui je vois arriver? Le couple cycliste de Nouvelle-Zélande! Les pauvres, ils n’auront vu la Bretagne que sous la pluie! Même si là ça s’est arrêter de tomber pour le reste de la journée, ou presque. Je repars en longeant la rivière du Blavet jusqu’à Hennebont. Certaines parties de la routes sont vraiment destroy. A Inzinzac je passe devant notre joli spot d’escalade! J’ai pas grimpé depuis bien longtemps, je dois être un gros boudin! Hennebont! Je remonte dans la ville par les haras nationaux et je vais faire une petite pause goûter à un supermarché. Je rejoins ensuite le village de St Gilles où les copains jumeaux Justine et Gautier sont en collocation. Ils sont au boulot et ne sont pas au courant de mon retour. Par contre Gaby est là, dans la confidence depuis un moment, elle a tenu bon 🙂

En école à Lorient, Gabou vient ici les soirs de conservatoire, ça lui évite une longue route retour jusque St Guyomard en pays de Vannes. Et surtout c’est un grand bonheur de la retrouver. Puis arrive Justine et plus tard Gautier. Je suis trop content d’être la, si proche de la fin du tour, avec mes coupains! Dodo sur le clic clac, je retrouverai les amis dans le week-end.

Jeudi 17 septembre 2015

Je pars vers 10h45, j’ai 16 kilomètres devant moi et maman qui part à 11h30 au boulot. C’est tendu mais c’est jouable si je veux la voir à l’arrivée. Il fait beau, la route est calme. Je passe par la campagne et enfin: Riantec. Quelques minutes après je suis devant le garage de la maison, il est 11h25 et maman est là. Bonjour, c’est moi! 🙂

La boucle est bouclée, je suis de retour après 139 jours sur les routes, 26 pays traversés et plus de 12000 kilomètres. Je laisse mon vélo derrière moi et je continue vers de nouveaux horizons.

Des bisous, de l’amour et un article bilan / remerciements qui arrive, tantôt.

PS: suite à la chute, passage chez l’osthéo, résultat: distension du ligament clavicule-épaule, il m’a aussi fait craquer la nuque, comme dans les films pour tuer quelqu’un, mais là c’était plutôt pour me remettre les cervicales en place. Il en a profité pour réaligner mon bassin et enlever les tensions accumulées dans le haut du dos. Me voici frais comme un gardon!

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