Patagonie : Argentine

Sur le passeport: CHILE: [ENTRADA 03 DIC 15] [SALIDA 13 DIC 15], seulement dix jours au Chili, mais j’y retourne à la fin du mois, et pour un bon moment. Et pour de bons moments.

Je suis dans le bus direction El Calafate en Argentine. Cinq heures trente à côté du même anglais de Liverpool à l’accent super dur à capter, à côté de qui j’attendais le bus pour partir du parc Torres del Paine. On passe la frontière, tout le monde descend du bus, on fait la queue pour quitter le Chili, on remonte dans le bus. On fait un kilomètre, on redescend du bus et on fait la queue pour entrer en Argentine. On doit prendre nos bagages pour les aligner sur une estrade dans une grande salle. Puis un militaire passe avec un toutou qui renifle toutes les affaires à la recherche du moindre produit interdit. Le chien s’arrête au niveau d’un bagage. Le propriétaire du sac est invité à en déballer le contenu. Bingo, le criminel transportait une pomme. Il est interdit d’entrer en Patagonie argentine avec des fruits et légumes frais, des graines… Hop on remonte tous dans le bus (sauf la malheureuse pomme) et on poursuit notre route.

Il fait nuit lorsqu’on arrive à El Calafate. Je suis le gps pour rejoindre l’hostal par les petits chemins, en gardant toujours un oeil vigilant sur les chiens errants. Je m’enregistre à l’accueil et je rentre discrètement dans le dortoir où tout le monde dort déjà. Je les rejoins aussitôt dans les bras de Morphée. Je passe seulement deux nuits ici. El Calafate, il n’y a pas grand chose à y faire. C’est surtout le point de départ des excursions pour aller voir le glacier Perito Moreno. Un glacier vraiment énorme et impressionnant (cf image/vidéo de l’internet) mais je trouve que c’est bien bien cher pour y aller. Aussi, j’ai déjà vu d’autres glaciers en Islande et à la mer de Glace en France, je n’ai donc pas le regret de ne pas y aller. M’arrêter ici est surtout l’occasion de faire un peu de logistique pour la suite de l’aventure et de couper un trajet en bus qui aurait été bien trop long pour mes petites fesses.

Je dois aussi retirer du liquide. Sur les forums j’ai entendu parler du blue dollar. En gros, la situation économique est bien instable en Argentine. Du coup, les argentins préfèrent mettre des dollars américains de côté car leur valeur restera constante, tandis que le peso argentin fluctue en permanence. Ainsi, si vous avez des dollars américains, on vous les échanges à taux bien avantageux contre des pesos. C’est un marché parallèle. Il faut trouver les boutiques non officiels qui vous feront le meilleur change. Imaginons, l’euro et le dollar sont égaux. Si je troc au bureau de change, pour un euro, j’obtiens dix pesos. Tandis que pour un dollar, j’obtiens quatorze pesos si je trouve une bonne boutique. Dans les très grandes villes, on trouverai même du un dollar pour seize pesos. Autant vous dire que tous les touristes arrivent en Argentine avec des dollars. Ce que j’ai fait. Je profite donc de me promener dans El Calafate pour trouver un endroit où troquer. Je tombe sur un bistro restaurant avec les cours du blue dollar pratiqués, affichés à l’extérieur. Je ressors avec mes pesos, continue ma promenade et je vais faire des petites courses.

[mise à jour: j’arrive en Argentine juste quelques jours après qu’un nouveau président ait été élu. Il s’occupe de l’économie et peu de temps après mon passage, le taux de change officiel et le blue dollar sont au même niveau. Pas la peine donc de vous encombrer avec des dollars si vous y allez]

Je passe ma dernière soirée avec un groupe de frenchies, dégustation de vin rouge et de fernet-coca, une découverte, que le non-initié appréciera plus ou moins. Le fernet est une boisson qui vient d’Italie et les Argentins ont eu la formidable idée de le mélanger avec du coca (petite nature). Je me couche pas trop tard car je dois me lever tôt. Debout à six heures trente cinq minutes. Bus à huit heures. Direction El Chalten pour quatre jours de randonnée et trois nuits de campings gratuits pour soulager le porte-monnaie. Car au final, l’Argentine, c’est cher.

La route nous fait passer dans la pampa. A l’est de la cordillère des Andes, tout est bien sec et désertique. A l’entrée d’El Chalten, on passe par le bureau des gardes forestiers pour des mises en garde à propos des risques dans la montagne (on est dans le parc national Los Glacieres), de ce qu’on peut faire, ne pas faire, des conseils… On est mardi. J’ai une réservation dans une auberge pour vendredi. Je me pointe à la réception pour savoir si je peux y laisser mon petit sac à dos dont je n’ai pas besoin. C’est ok, top, je dépose donc mon sac en sécurité et je me pointe au départ de la randonnée qui monte dans la montagne.

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Le camping Laguna Capri n’est qu’à cinq kilomètres. Les campings sont gratuits et très sommaire: il n’y a pas d’eau, un seul wc de chantier avec un gros trou de trois mètres de profondeur. Voilà. Je vais rester à celui-ci pour deux nuits, comme ça le lendemain je ferai l’aller-retour jusqu’à la Laguna de Los Tres d’où je pourrai admirer le mont Fitz Roy. Aussi appelé cerro Chaltén et culminant à 3405 mètres, il a été gravi pour la première fois par les alpinistes français Lionel Terray et Guido Magnone en 1952. J’installe mon campement et je vais à la recherche d’un rivière pour faire le plein d’eau. Le plaisir de boire de l’eau fraîche de Patagonie, sans pastille purificatrice!

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Le deuxième jour, je pars vers dix heures, en mode light pour grimper en courant jusqu’au Mirador de la Laguna de Los Tres. Il y a un petit crachin, et évidemment, une fois la haut, la vue sur le Fitz Roy est bouchée. Au moins j’aurais fait de l’exercice, héhé. Par contre, je rigole moins à la descente. Y’a quelque chose qui me fait très très mal au genou gauche. Enfin, mon genou me fait mal. Fini de courir. J’ai déjà connu cette douleur de rares fois quand je courais. « Heureusement », seulement à l’entrainement, jamais en course. Je redescends, en marchant. Je croise quelques marcheurs. Je commence à être bien mouillé. J’arrive à ma maison, je m’y allonge, me repose et observe le temps qui passe. La nuit est froide, mélange de pluie et de neige, je dors tout habillé. J’ai un peu d’eau qui entre dans ma tente. Après plus d’une centaine d’utilisation, les angles du tapis de sol ne sont plus étanches. Ma chaleur humaine se pose en condensation sur les parois qui m’entourent.

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Le lendemain matin, grand ciel bleu! Yiha, ça me redonne le sourire, malgré la douleur toujours présente. Je tends une corde entre deux arbres pour mettre mes vêtements à sécher et je déplace ma tente au soleil. En attendant que tout soit sec, je file à la rivière pour remplir ma gourde et me rafraîchir le visage. Je fais mon sac et je me dirige vers le camping Agostini qui se trouve au bord de la Laguna Torre. Le sentier me fait passer par la laguna Madre (mère) puis laguna Hija (fille) d’où je vois cette fois le Fitz Roy et enfin il faut longer le río Fitz Roy. Je suis quasiment seul sur le chemin. J’arrive tôt au camping/campement et je me prends une belle place. Le soir je me promène autour du lac qui offre une vue magnifique sur le Cerro Torre (3102m). Des morceaux du glacier Grande flottent et se déplacent au gré du vent. Il fait bon dans la tente mais j’ai du mal à m’endormir, mille pensées me traversent l’esprit. Je crois que j’ai hâte de redescendre en ville, peut-être à cause de ma douleur au genou.

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Le lendemain, fin de la randonnée, il faut redescendre dans la vallée. C’est là que le genou fait vraiment mal, quand il n’est pas en appui et flotte en l’air.J’essaie de garder la jambe tendu autant que faire se peut. Un peu de repos et ça passera. J’arrive à l’auberge en fin de matinée, je récupère mon petit sac à dos et je m’installe dans ma chambre. Un de mes passe-temps: deviner la nationalité de mes nouveaux colocataires absents. Il faut repérer les indices: marque du sac à dos, un roman qui traîne… Cette fois, c’est une chambre de quatre, entièrement française. Trois autres gars me rejoignent donc plus tard. Je fais des courses, le minimum car El Chaltén est au milieu de rien et tout y est très cher. Petit repas pour reprendre des forces, je me repose.

Le lendemain, à 20 heures, départ pour Bariloche, à la limite nord de la Patagonie argentine. Pour cela, un voyage de vingt quatre heures dans le même bus! Aussi long que ça peut paraître. Douze heures jusqu’à la ville de Los Antiguos, changement de chauffeur puis douze heures jusqu’à la destination finale. Les paysages sont splendides à l’approche de Bariloche. A l’avant du bus, le chauffeur et deux passagers font tourner le maté dans la bonne humeur, ça rigole bien. Une dernière pause avant d’arriver, il fait beau et surtout: la température a bien grimper! Dehors, le t-shirt est suffisant, ça fait du bien! A l’arrivée, je rejoins l’auberge. L’endroit est plutôt chouette, mais je ne traîne pas trop la première soirée, bien fatigué du long trajet. On est quatre français en tout. Il y a un couple de vendéens: Tiphany et Mathieu et au-dessus de mon lit: Hélène, une Bretonne des côtes d’armor (Plaintel)! Une bonne ambiance règne et avec Hélène on programme une petite randonnée. Une promenade en une journée jusqu’au refuge Frey, là haut dans la montagne au bord d’un lac. J’ai eu la bonne idée de prendre l’appareil photo, la moins bonne idée de laisser la carte mémoire à l’auberge. Tant pis pour vous, mais c’était bien jolie! Une amie à fait la même randonnée quelques temps après. Et elle a des photos: par ici!

Je laisse mes trois français qui vont passer Noël ensemble dans quelques jours. Moi je vais passer noël au Chili, direction: Pucón! A la gare routière, de nouveau trois bretonnes qui empruntent le même bus. Bretons voyageurs! Le bus passe par des coins magnifiques et finalement je quitte l’Argentine, dix jours après y être entré. C’est court dix jours. Il faudra revenir.

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